vendredi 20 janvier 2017

T'es barré ou quoi ?

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société profondément malade ». Jiddu Krishnamurti




« Artiste maudit et génial parce que fou, et vice versa. Il nous faut nous défaire de cette image romantique et suivre davantage le parcours pour en comprendre la souffrance, la profondeur et la lumière ». Jean Pacôme  " about phase3 " - 1991

« Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient ». Antonin ARTAUD  " Van Gogh, le suicidé de la société " - 1947


Antonin. ARTAUD par David SOUDAN
« Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l’école au service de la société » disait Gaston BACHELARD. Pourtant, aujourd'hui, l’école nuit au développement personnel des enfants. Elle prône, de plus en plus tôt, une mise en phase avec un model unique, vise l’optimisation de la performance et laisse de moins en moins de place pour la réflexion, le sentiment ou l'expression.

Formater les enfants pour en faire de bons consommateurs et appeler cela « intégration sociale » est une supercherie : Le moule scolaire interdit toute dérive idéologique autre que celles qui prônent l’ultralibéralisme et la consommation de masse. 

L'Histoire, la Philosophie, les Arts ou la Littérature ne seront bientôt plus dispensées dans les écoles car ces matières peuvent éveiller la curiosité des plus jeunes et risquent, par la suite, d'en faire de vilains réfractaires.  

La différence, cette source d'inspiration et de créativité, pourtant tellement vitale pour changer un paradigme sociétal en pleine déliquescence, n'a pas sa place.

Les limites restrictives faites aux enfants peuvent faire penser que l'autisme est la réponse presque reptilienne du tout petit face à l'agression sauvage dont il est victime. Avec son classique repli vers un monde personnel meilleur, l'autisme serait le premier refuge de la conscience naissante.
 Adhérer ou pas à un monde qui place l'argent, le pouvoir et la violence comme les plus belles des valeurs est une option que l'on devrait pouvoir prendre librement. Ce choix est pourtant interdit et répréhensible. 
Les programmes de l'Education Nationale sont imposés jusqu'à l'âge de 16 ans.

Ne pas y adhérer serait un pari dangereux.

Si les derniers coups pour rentrer dans le moule semblent sonner vers l'âge qu'on appelle l'« adulescence », le jeune adulte risque, à cause de son insoumission, de se retrouver rapidement et violemment sur le banc de touches.
La loi et la justice protègent la société contre ceux qui ne se conforment pas aux règles imposées par les plus puissants. La sanction la plus courante demeurant l'emprisonnement, de tout l’arsenal juridique, les soins psychiatriques sans consentement et plus particulièrement l’hospitalisation d’office (appelée aujourd’hui « soins psychiatriques sur décision d'un représentant de l'état ») sont les plus abjects. Ils répondent, à l’avance et arbitrairement, à une éventuelle mise en danger du système par ceux qui pourtant le constitue et pourraient même le faire évoluer demain.

« Sur le fondement d'un certificat médical circonstancié émanant d'un psychiatre, le préfet prononce par arrêté l'admission en soins psychiatriques d'une personne dont les troubles mentaux nécessitent des soins, compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l'ordre public ».
Ainsi, sans autre reproche que celui de ne pas « penser comme il faut », celui qui refuse d'adhérer au modèle prôné se verra ramené dans le « droit chemin ». Les psychiatres (souvent avec l’aide de la police) se chargeront du sale boulot. Bras séculier des politicards et des lobbies, comme ceux de la chimie ou des labos, la psychiatrie incarcère et reprogramme les plus rebelles d'entre nous, sous prétexte, qu’un jour, peut-être, nous pourrions être dangereux.  

Quand le dispositif psychiatrique se referme, nous comprenons que nous venons de nous faire prendre et que notre calvaire durera jusqu’à la mort. Notre vie sera différente de celle que nous projetions. Notre destin sera bouleversé. Plus nous nous agiterons, plus nous protesterons, plus nous tenterons de nous justifier, plus profonde sera notre souffrance.

De la contention aux neuroleptiques, l’arsenal barbare de la psychiatrie est vaste et puissant.
Malgré toutes les croyances, la lobotomie est toujours pratiquée et les plus rétifs, mutilés par l'ablation d'un bout du cerveau, seront définitivement transformés en de dociles légumes.

  La recommandation 1235 de 1994, relative à la psychiatrie et aux droits de l’homme (Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe) l'évoque et stipule d'ailleurs qu’elle, et la thérapie par électrochocs, peuvent être pratiquées « si le consentement éclairé  a été donné par écrit par le patient lui-même ou par une personne choisie par le patient pour le représenter, un conseiller ou un curateur et si la décision a été confirmée par un comité restreint non composé uniquement d'experts psychiatriques ».

Il faut quelques fractions de secondes, un verre d’eau ou le temps d'une injection, pour commencer un traitement par neuroleptiques. Pourtant, par la suite, il sera pratiquement impossible de l'arrêter.
La soi-disant rechute inévitable qu’entraînerait l'arrêt du traitement est l'une des nombreuses épées de Damoclès brandies par le personnel des hôpitaux psychiatriques comme l’est aussi celui de la possibilité de l’instauration d’un état de pathologie chronique.  
Ainsi effrayé, le patient ne pourra qu'adhérer au programme de soins. Comme révélée, il y a déjà longtemps, par les travaux de Henry LABORIT ou Stanley MILGRAM, on peut parler de « neuroplasticité provoquée » pour créer la soumission n’est pas aberrant. La perte de confiance en soi provoquée sciemment par le personnel de santé trouve ses fondements dans la peur et la menace : tout un contingent de phrases et de gestes anodins, mais assassins au plus au point, sont utilisés. Tous visent à rabaisser le malade et à le rendre docile.

La chambre d'isolement est une brimade courante.
La contention fait également, qu'à cause du manque de personnel, le patient peut se retrouver sanglé sur un lit pendant plusieurs semaines.  (On lui mettra une couche et on lui injectera un produit anticoagulant chaque jour).

Ces maltraitances et la description d'un futur, de toute façon pourri, que décrivent les infirmiers, peut aussi conduire certains patients au suicide. Les psychiatres, bien sûr, diront, alors, que c'est à cause de la dépression liée à la maladie.

Dans la société, celle que l'on appelle parfois « la vraie vie », mais ù le lien social, n'existe plus, les rapports sont de plus en plus violents et les contraintes de plus en plus fortes. Dans les institutions, c'est bien pire ! Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance que peu arriveront à supporter un séjour en psychiatrie. 
Là, le diktat et les pouvoirs sont tellement illégitimes qu'ils ne peuvent être qu'abusifs.

Si tu n'adhères pas à cette société et comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans aucune concession ni regret ».                                                


dimanche 15 janvier 2017

CHOMSKY - Les dix stratégies de manipulation des masses

Réédit du 1er octobre 2010   

Dans son livre "Armes silencieuses pour guerres tranquilles" (1979), le linguiste et philosophe américain, Noam CHOMSKY, Professeur émérite du Massachussetts Institute of Technology, a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » qui selon lui servent à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.


1/ La stratégie de la distraction :

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser de retour à la ferme avec les autres animaux. »


2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions :

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple, laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux ou le démantèlement des services publics.


3/ La stratégie de la dégradation :

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.


4/ La stratégie du différé :

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D'abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.


5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge :

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ».



6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion :

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…




7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise :

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures ».


8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité :

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte.




9/ Remplacer la révolte par la culpabilité :

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !


10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes :

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

lundi 5 décembre 2016

Lanceuse d'alerte - Salon du livre

Etre en avance m'est inhabituel mais comme le pote qui m’hébergeait à Paris, voulait aller prier ce matin du dimanche 27 novembre, je suis arrivé au salon du Livre des Lanceurs d'Alertes vers onze heures. Il y avait un soleil froid sur Paris.

                 Je m'assois d'abord sur un banc pour discuter un peu avec un mec pensif et fatigué sur l'esplanade Roger Linet.


Avec seulement le jus de légume de mon pote crudivore dans le ventre, je n'ai pas spécialement envie de perdre mon temps à philosopher avec quelqu'un qui reste songeur et de marbre.
Pour faire court, je lui demande s'il ne se caille pas trop. Parce que, moi, même avec ma doudoune et, dessous, ma polaire grenobloise (fabriqué en chine) je me les gèle. Je lâche le gars et rentre dans un café qui s'appelle " le Fidèle ". (Ça casse trop !).

Le kawa est bon et du coin de l'œil, j'observe un jeune homme au teint livide que deux autres interviewent.
Derrière et comme souvent dans ce genre de café, trois types discutent d'un verset du Coran.

                                  / Envie de fumer /

Quand je règle mon café au comptoir. Je remarque deux pieds nus qui jouent de manière presque sexy avec le cuir de mocassins bruns. (Je crois être un peu fétichiste des pieds féminins).
Une femme blonde me tourne le dos, elle est entourée de deux gars. C'est Irène Frachon.

J'ose :      -  « Madame Frachon ? »
                -  « Oui ? » répond-elle.
              -  « Je suis désolé de vous déranger en pleine discussion, mais puis-je juste vous dire un mot ... un seul  ? »
                                     ( Elle sourit )
                                                         -  « MERCI ! »



Quand je sors, un pigeon est en train de chier sur la tête du jeune roi qui bientôt deviendra un travailleur épuisé.


mardi 22 novembre 2016

Le moteur à explosion: Culte d'un autre siècle

Outre le fait qu'elle soit le moyen de transport le plus meurtrier,  la bagnole et le développement urbain à l'américaine qu'elle a entraîné ont largement contribué à enlaidir et à la polluer de la France.

Mon père, qui roulait beaucoup parce qu'il était représentant, aimait nous faire visiter l'hexagone et une partie de l'Europe. Il nous trimbalait  sur les routes.
Je me rappelle que nos discussions, rares échanges avec Papa, devenaient quasi philosophiques, ces nuits où il devenait une simple oreille parce qu'à part un bout de ses bras sur le volant, je ne voyais rein d'autre de lui. Ces moments privilégiés quand le reste de famille dormait, juste avant le petit déjeuner à l'aube, dans un " Routier " de sa connaissance étaient chouettes mais c'était, il y a longtemps !

Mais je me souviens aussi de ma petites sœur qui vomissait souvent et de la fumée de cigarettes brunes dans le confinement de l'habitacle. Les voyages étaient longs et fatigants

                                                                                  ... " Dis Papa, c'est encore loin la mer ? "


Plus tard, à mon tour, le métier m'amena à parcourir les routes de France. La voiture était un simple outil.


Paul Arzens en parlait même comme d'un vulgaire " instrument ménager ".


  1968 - Paul Arzens et les véhicules électriques from phase3 on Vimeo.


Si, comme évoqué dans cette vieille vidéo, elle confère, toujours, à certains un aura de virilité et de puissance, les déplacements urbains ne lui sont plus adaptés.





Il est temps de repenser nos déplacements.

lundi 7 novembre 2016

Merciiiiii !

 J'ai eu tellement de périodes de solitudes et de doutes dans ma vie psychique, qu'il n'y a pas à dire, vous m'avez tous bien réchauffé l'âme, le soir du vernissage.

Merci à vous !


Si Judith n'avait pas toujours été là pour me soutenir (et m'engueuler parfois aussi) je ne pourrais pas écrire ces quelques lignes aujourd'hui. Merci à elle.
Pourquoi ? Parce que j'aurais, à coup sûr, réussi à appliquer ce cher principe l'éphémérité à ma propre existence.
D'autres n'ont pas eu ma chancemerci à eux, aussi.
Merci également à Mohamed Aouine pour son article le 8 octobre dans le Dauphiné Libéré.


Maintenant, je vais réellement recommencer à peindre.

mardi 1 novembre 2016

“ Most Young Kings Get Their Heads Cut Off ”

" La plupart des jeunes rois auront la tête coupée. " Jean-Michel Basquiat 


En 1991, je tentais de reprendre mes études à l'école des Beaux-Arts de Grenoble. J'ai eu la chance d'y rencontrer ce petit gars trapu, rigolo et dynamique. Je crois me rappeler qu'il suivait plus où moins les cours en 5ème année, alors que je tentais de valider un premier cycle que j'avais dû abandonner en 1985 pour cause d' hospitalisation. Je ne suivais que très peu les cours. J'étais plus occuper à peindre dans une des salles de l'école que j'avais assez sauvagement investie. Les autres élèves se plaignaient de ma présence et du raffut que je faisais. Je produisais, avec rage, quelques toiles.
Je pense que, depuis, elles ont dû être détruites :



Parmi les rares personnes qui appréciaient mon travail, il y avait ce black costaud, grand fan de peinture new-yorkaise avec qui j'aimais discuter peinture et musique. Il était très enthousiaste vis à vis de mon travail. Un soir, il m'a donné 2 feuilles sur lesquelles, d'une écriture, belle mais raturée, était calligraphié le texte suivant :

« Un jour que je faisais le tour des salles de l’école des Beaux-arts de Grenoble, je fus saisi par le travail de Pierre-Louis, alias phase III. L'intéressant, dans cet espace est l'impression que tout fait partie de son œuvre. Je trouve une certaine rythmique du corps, une simplicité qui est traduite en « body language » par lui. Rappeur d’aujourd’hui, phase3 est un tagueur, un vrai. Son travail est de l’ordre de la performance. Il fait du direct, du live, de l’ordre du Straight Language. phase3 invite le spectateur à la danse, au mime dans l’espace, avec une certaine dose d’humour. L’humour qu’a l'ego triomphant, comme dans l’œuvre de Jean-Michel Basquiat. Dans son travail réside une certaine pureté, modestie. C’est peut-être là qu’est la force intérieure de son corps blanc ouvert ».

Excuser du peu, de la prétention du peu ! Ce soir là, pour le remercier, je l'invitai à boire un verre ou deux dans un bistro proche de l'école. Comme à l'époque, j'avais pu emprunter le caméscope de mon père, il en subsiste cette vidéo :



Oui, la Plupart des jeunes Rois auront la Tête Coupée. 

Peu de temps après, n'arrivant pas à me décrocher des psychiatres auxquels mes chers parents m'avaient confiés, je suis retombé malade tandis que Pacôme, lui, montait à Paris.



La crainte d'être expulsé l'a contraint à peindre dans la rue, l'alcool aussi. Il est devenu SDF en 1998.



Exténué et dépossédé de son oeuvre, il est mort le 16 octobre 2003, à 38 ans, en phase terminale d'un cancer généralisé. Sa côte flambait alors sur le marché de l'art.

Quand, plus tard, j'ai appris son décès, j'ai collé les 2 feuilles du texte qu'il m'avait donné sur deux feuilles format raisin et je les ai massacrées ... 


Visible actuellement à l'exposition de l'ATYPIK? 10 place Edmond Arnaud à Grenoble


R.I.P. man !


Voici quelques unes des dernières œuvres de Pacômes :







Sources : 




vendredi 21 octobre 2016

C'est BASQUIAT qu'on assassine


En 2010, à l’occasion de la rétrospective Basquiat, au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Bruno Bischofberger, marchand, galeriste, et collectionneur racontait la rencontre entre Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol    >>



Basquiat aurait 56 ans le 22 décembre 2016.




samedi 1 octobre 2016

Early GREFFITI [GREnoble graFFITI]

Beaucoup éjaculent dans leur slip en se pensant révolutionnaires, Street Artistes ou acteurs-citoyens (je ne supporte plus ce mot qui n'a plus aucun sens) s'imaginent indispensables au changement de paradigme. 
Il y a, en ce moment, à Grenoble, comme ailleurs, j'imagine, toute une bande de jeunes branleurs au spray existentialiste et dégoulinant, ou à la casquette visée sur la calvitie, style Titi parigot.
Chanteur néo-réaliste cul cul, qui parce qu’ils n'ont pas grand chose à dire, se font voler la vedettes en 2 temps 3 mouvements par n'importe quel cycliste NOTAV pourtant épuisé par plus de 100 kilomètres de routes alpines à vélo :



La question n'est finalement pas de savoir si le Street-Art est une mode ou pas, tout mouvement pictural finissant par être récupéré. La question porte plutôt sur sa pertinence: Dans une urbanité où la co-construction et l'association se veulent règles d'or, je reconnais que voir les murs salis de peinture mal appliquée m'est douloureux. L'urgence du graffiti n'est plus là. 


Pignon Ernest
L'égotisme serait obsolète ?
Un renfort de nacelles élévatrices et de balisages policiers qui n'auraient pas lieu d'être ?
Pourtant ils sont.  

L' histoire, réécrite par les marchants, ne dira jamais que dès 1982, le pseudonyme phase3 était déjà sur les murs de Grenoble et que, par ce cher principe d'éphémérité, aujourd'hui, il n'en reste plus une trace. Depuis 1984 et mes déboires avec la gouvernance de la ville, je me tiens à carreau, militant dans la discrétion du black net et dans l'anonymat (presque) absolu, pour ce que je crois juste :


Les sous-Bansky sont aujourd'hui légions:

GOIN

Le numérique, internet et le hacking nous donnent aujourd'hui des moyens bien plus efficaces de court-circuiter les médias habituels,  journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes. 
Le Street art, lui, fait exactement le contraire et se rue sur le système commercial, les galeries, les musées et les honneurs les plus divers. 


En tant que pionnier, j'ai tellement pris de baffes dans la gueule, par la critique immature et sclérosée dans la "tendance" d'une époque et, aussi, par mes pairs, qu'aujourd'hui je reste méfiant, assez peu enclin à communiquer et à me vendreL'idée de participer à un quelconque festival ou qu'une seule de mes œuvres puisse être récupérée est d'ailleurs devenue une hantise. 
J'ai vu nombres de mes idées s'imposer ou spoliées sans jamais aucune référence à mon travail. Une mise à l'index qui vient plus de ma naïveté que d'une réelle intransigeance. A l'époque, je n'étais qu'un petit con prétentieux. La vie m'a dressé, et bien dressé. 

Pendant ces longues périodes d'incapacité à la création, je me questionnais sur l’intérêt de la peinture. Je me demandais qu'elle devait en être son message. Les neuroleptiques inhibaient ma sensibilité et m'interdisaient toute production. Je reconnais, aussi, avoir nourri pas mal de rancoeurs et de frustrations. 

Même si je sais que l'évolution de l'espèce entière prime sur celle de la personne, je remarque qu'ils sont légions les cloportes engraissés par le travail des autres. Le marketing vampirise les plus honnêtes travaux de recherche et même la pensée de ceux qui sont les seuls vrais créateurs.