lundi 22 octobre 2018

Collapsologie

Pendant mes 30 ans de travail dans le nucléaire civil, j'ai vu les compétences techniques de mes pairs s’effondrer si sûrement qu'aujourd'hui je peux affirmer que plus personne ne comprend comment fonctionnent ces dragons modernes aussi mystérieux qu'effrayants que sont les réacteurs.

Le matériel exploité dans les centrales nucléaires est si vieux que les réparations deviennent de plus en plus difficiles à effectuer sans quelques emplâtres plus ou moins fiables. 

Depuis mars 2011 et la catastrophe de Fukushima, je sais que notre civilisation court à sa perte. Cela a créé chez moi un tel état de sidération que, depuis, je n'avais pu reprendre le travail qu'à reculons et finalement préférer me faire licencier plutôt que d'accepter quand mon chef de service chez Rolls Royce Civil Nuclear m'a demandé de ne plus faire de sûreté mais simplement du chiffre. 

De fils en aiguille, j'ai affûté ma vision sur la production d'énergie puis sur l'écologie.

Samedi 13 octobre, je participais à la marche pour le climat puis, le lendemain, à la " F(aî)te de l'écologie " à Grenoble. 









Un mot s'impose à moi désormais :

Collapsologie 
[La collapsologie est l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder].


samedi 15 septembre 2018

Fukushima-Sur-Loire :

Travailler dans les nucléaire n'est pas anodin. Je n"ai été un nomade de l'atome que très peu de temps. Une expérience unique cependant.


J'ai parcouru les Centres de Production dans des conditions souvent précaires. Là où la vie d'un homme n'a pas beaucoup de valeur si on la compare au prix de l'énergie. La fatigue et le stress étaient mes compagnes. La peur, aussi, parfois: Celle de ne pas être techniquement à la hauteur et que la production en pâtisse. Pour faire fonctionner la machine, il n'y a pas de prix humain. Le monstre de béton et de ferraille réduit le travailleur à la fonction de " chair à neutrons ". Si tout ceci s'est mal terminé pour moi, ce fut encore bien pire pour certains autres ... mais cela n'a aucune importance.

Après trois ans d'un rythme effréné mes nerfs ont flanchés. 
Après ce premier épisode décompensatoire, j'ai quand même réussi à tenir dans le nucléaire civil pendant 30 ans mais ma carrière n'a plus été qu'une succession de frustrations et de mises au rencard.  

Cette vidéo (quand même un peu auto-biographique) n'est pas un témoignage mais un simple hommage romanesque à ces obscures qui font vivre le mythe du nucléaire. Leur nom est également sans importance.
Les vétérans commencent à se faire rares ...

dimanche 20 mai 2018

Art urbain, le cas de Grenoble

La généalogie de l'art urbain est multiple et complexe, car il puise ses origines dans des disciplines graphiques aussi variées que la bande dessinée ou l'affiche.

 L’essence de l'art urbain contemporain se retrouve tant dans les œuvres des affichistes d'après-guerre comme Raymond Savignac, en France, que dans celles des dessinateurs de la contre-culture américaine tels Robert Crumb ou Vaughn Bodé, tous deux figures de proue du Comics Underground depuis les années 1960. La prise en compte de l'environnement urbain et social dans la création contemporaine voit aussi des expérimentations d'intégration de l'art dans la ville.




En 1967, le symposium international de sculpture de Grenoble, dans le cadre du programme de préparation des Jeux olympiques d’hiver, marque le premier retour des artistes sur la scène urbaine depuis la deuxième guerre mondiale. La municipalité de la ville souhaite associer des plasticiens dès la conception de La Villeneuve.


Si Jean Dewasne (maîtres de l'abstraction constructive) est initialement contacté, la décoration sera finalement confiée à l’architecte franco-italien Henri Ciriani et au chilien Borja Huidobro, membres de l'Atelier d'urbanisme et d'architecture (AUA), fondé en 1959 par l’urbaniste Jacques Allégret et qui se caractérise par ses penchants collectivistes et sa vocation collaborative.


C'est dans le quartier des Baladins que K. Schultze avec ses géants réussira le mieux l'articulation entre la sculpture, l’architecture et l’urbanisme.




D'autres expériences sont imaginées dans des villes nouvelles, comme Évry, en 1972, ou Marne-la-Vallée.

Pendant la période « Pompidou », un malaise existentiel, social, sexuel et politique généré par cette « Nouvelle société » et la consommation effrénée, produit, dès 1968, en une sorte de réponse européenne au Pop-Art américain, le mouvement de la « figuration narrative ».



En 1975, le collectif parisien des Malassis réalise une grande fresque sur les murs du nouveau centre commercial de Grand'Place. Ils proposent une variation en 11 panneaux, inspirés par « Le Radeau de la Méduse » de Géricault. En ce haut lieu marchand, les auteurs expliquaient : « Ce Radeau de la Méduse, c'est le naufrage de notre société de consommation ». Une allégorie du naufrage dans les frites congelées, de l'exotisme des agences de voyage et des conserves usagées. Le summum de la perversion des fonctions digestives de l'art récupérée par une société moderne.




A l'époque, l'œuvre provoqua un intense débat dans la presse mais fut pourtant recouverte, en 2000, dans la plus grande indifférence.


En 1979, Ernest Pignon-Ernest, considéré, par beaucoup, comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France, réalisa une fresque à la bourse du travail. Située entre la galerie de L'Arlequin et Grand'Place, cette fresque est encore visible et a été récemment restaurée (2016).



Autonome et parallèle, l'Art urbain a pour initiateurs Zlotykamien, Daniel Buren, Ernest Pignon-Ernest en France, ou Roger Somville en Belgique. S'il commence à s'épanouir en France à partir de 68, il n'est officialisé qu'au début des années 80 sous l'influence, entre autre, d'Agnès B. et de Jack Lang, ministre de la Culture.


Grenoble, parce que son maire RPR, Alain Carignon, y fit régner « une certaine idée de l’ordre et de la rigueur », de 1983 à 1995, fut, par réaction, l’une des villes françaises les plus remarquables en matière d’Art subversif.


BERRIAT 83: Christine Breton, qui à l’époque était conservatrice du Musée de Grenoble, préparait une exposition qui ne se déroulait pas dans le musée, mais dans un des quartiers de la ville: Berriat. A l’époque, c’était tout à fait nouveau. Le catalogue était une bande photographique, qui permettait de suivre un parcours via des photos et d’avoir toujours en regard ce que l’on pouvait voir à cet endroit là. C’est donc un rouleau de 3 mètres de long qui a été imprimé en sérigraphie, en noir et blanc, et roulé pour retrouver l’esprit des cheminées du quartier. Ce projet a fait scandale. A l’époque, Alain Carignon qui venait d’être élu maire de la ville, considérait que c’était jeter l’argent public par la fenêtre et a fortement critiqué la conservatrice.

En ce début des années 80, Grenoble comptait quelques graffiteurs et une toute nouvelle école d’art, rue Lesdiguière. Mix du graffiti et de la « figuration libre », un mouvement grenoblois était sur le point d’éclore.



L’exposition collective Berriat 83 a bien failli être annulée alors que le catalogue référençait pas mal des nombreux artistes qui, à l’époque, vivaient et travaillaient dans la ville.
 

Les musées et surtout l’école des Beaux-arts ont posé de réels problèmes à la municipalité Carignon, comme l’occupation de l’école par les élèves dès la rentrée 1983/84. 



Dans cette période, un fort mouvement contestataire visant à modifier le système en place par l’illustration de ses défauts et par la promotion de valeurs différentes (voire antagonistes) vit le jour à Grenoble.

Issu de la société « d’individualisme de masse », au sens où la décrit Pierre Gascar, le Street Art naît de la volonté d’expression d’une génération pour laquelle se rendre visible au plus grand nombre, laisser sa signature visuelle quitte à s’affranchir des lois et des règles communes, c’est exister. 
C’est – paradoxalement – faire société.

dimanche 1 avril 2018

Save the last spray for me !

Le public ne reconnait un mouvement artistique que quand il est mort.

Depuis Banksy, les médias relatent de plus en plus d'événements liés aux Arts Urbains: expo de Street Art, ventes de graffitis. Les institutions investissent ce nouveau filon sans chercher à le comprendre ou à l’expliciter, un produit comme un autre. La Culture devient divertissement.  On assiste à l'aberration de ventes aux enchères et d'expositions de ce que, par essence, ne peut exister que dans la rue.

Tandis que les écoles de graphisme dégueulent la culture urbaine  et son esthétisme, la transposition malheureuse que toute une bande de sales personnages agissant individuellement ou en associations, subventionnées de préférence,  dévoie d'autant plus le Street-art en des voies mercantiles.  Avec une fausse rébellion et la mise en scène de l'illégalité, cette génération est maintenant si proche du système économique qu’elle se confond avec celui qu'elle dit combattre.

Comme l'est aujourd'hui le numérique, la bombe de peinture fut un outil pour la création picturale. Facteur de vitesse, les spray nous ouvraient de nouveaux champs par l'accélération du rythme de l'exécution des œuvres. Même si, parce qu'il s'agissait le plus souvent de peinture glycérophtalique qui demandait plus d'attention au séchage (et qui pouvait couler), en ces début des années 80,  la " bebom " accélérait l'exécution et par effet de bord apportait une nouvelle donne médiatique.

Les objets dérivés, rarement la figure elle-même, ont créé une économie entière. 

Proche de l’industrie du divertissement, les street-artistes décorent les salons et les façades des bourgeois et fayotent pour qu'ils achètent une de leurs toiles. Toiles souvent vides de sens. 
Ils ont un métier, reconnus et  enseignés dans les écoles.
Si le numérique, internet ou le hacking nous donne aujourd'hui le loisir de court-circuiter les médias habituels (journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes), le Street-art, lui, fait exactement le contraire et se rue vers le système commercial, les galeries, les musées et les honneurs les plus divers. 


Rechercher la satisfaction immédiate:  La jouissance express dans l’espace public avec un minimum d'efforts de réflexion et de création, sans revendication, ni éducation, nous conduit au cul de sac sociétal de l'hédonisme.  

" Le street art est à peu prêt au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers ".




Le graffiti vrai n’était pas commercialisable et les politicards, ou leur police, n'étaient pas des amis. Quelques graffiteurs historiques, quand ils ont survécu, restent les messagers de la contre-culture et du changement. Leurs réflexions et leurs engagements sont la dernière chance de modification de notre société de moutons !

lundi 26 mars 2018

Sarkozy nie avoir reçu le moindre centime des Bettencourt

Jeudi 22 novembre 2012, quand Nicolas Sarkozy a assuré aux juges bordelais, que les Bettencourt " ne lui ont jamais donné un sou ", il dit peut-être la vérité. Il se peut aussi qu'il n'ait pas touché à cet argent puisse que c'était Eric Woerth qui l'avait directement porté en Suisse mais qu’il n’en ait jamais profité personnellement, ou pour sa campagne, c’est une toute autre histoire ...



Si on analyse les propos plus récents d'Hervé Falciani 



et l'explication qu'il fait de la fraude fiscale chez HSBC, on comprend qu'il existe (quel que soit le système) énormément de manière de détourner de l'argent.
Si, le plus souvent, pas mal de personnes sont également arrosées, elles deviennent, suivant une bonne vieille recette mafieuse, redevables des escrocs. Ils seront ainsi assurés de leur silence. 

Il suffira ensuite de régler l'opinion publique en lui faisant croire aux pires âneries et le tour est joué.

Par contre, casser la loi du milieu, peut amener à certains déboires [cf : Nicolas SARKOZY dans le Libyen Gate].

samedi 24 février 2018

Climat : Et si on avait vraiment tout foutu en l'air ?

Si le Gulf Stream s'arrêtait l'Europe pourrait être plongée dans un hiver glacial durant plusieurs décennies, preuves à l'appui, les scientifiques explique que le Gulf Stream s'est déjà arrêté et que cela pourrait se reproduire.


mercredi 14 février 2018

Dans le tram

L'autre jour,  j'étais  en retard pour amener ma fille à l'école.
Le chauffeur du tram E nous a attendu à l'arrêt Libération.
Avec mon genou  abîmé, pas le temps de composter.


A l'arrêt suivant (Condorcet),  où nous descendons, les contrôleurs attendaient aussi ...
Après une courte discussion stérile,  et comme l'heure  de la sonnerie à l'école arrivait, je ne pouvais et ne voulais pas trop palabrer. Il y avait au moins 20 contrôleurs et aucun n'a voulu demander au chauffeur si je disais vrai. Au final, ils m'ont mis une prune de 40 €.  Titre non composté.

Non seulement, ce n'est pas sympa, mais cela ne montre pas la vertu à ma gamine: Elle sait que toute la famille est abonnée de longue date au réseau TAG mais que pour des raisons de perte d'emploi,  je faisais un test sur un an.
Ne bénéficiant plus d'une aide de mon employeur (puisque que je n'en ai plus, pour cause d'invalidité)  je voulais voir si j'étais gagnant en fonctionnant avec un ticket validé à chaque trajet. Tu parles ! 

Je suis de plus en plus  dégoûté par ce système 
où l'on est d'office présumé coupable !


samedi 6 janvier 2018

NOTAV malgré tout

— à Saint-Jean-de-Maurienne.

Même si nous venons de vider la maison de notre enfance à cause du Lyon-Turin, je reste définitivement #Notav.




Ma mère n’était que locataire. Le proprio, comme d'autres, a trouvé là une belle opportunité pour vendre ce "presque taudis" de manière bien avantageuse pour lui. (pendant les 40 ans où nous avons occupé les lieux, il n'y a jamais eu une seule remise à niveau de la villa à part les quelques "bricolages" de mes parents et surtout de ma mère, papa étant décédé en 1992).

Il y a énormément de conflits d’intérêt dans cette histoire de Lyon-Turin et ce sont les contribuables qui, au final, seront les dindons de la farce. 

Déjà la vallée de la Maurienne, défigurée par ce projet pharaonique et dispendieux, ne ressemble plus à grand chose et je pense que ce n'est qu'un début.

Bonne année 2018

mercredi 20 décembre 2017

Robert MALAVAL : une brièveté Eternelle

Robert Malaval (1937 - 1980) est surement le seul peintre Rock français.

Du papier mâché de la série « Aliments blancs », et sa métaphore d'un mal proliférant et inévitable du début des années 60, jusqu'à la série pleine de paillettes « Poussière d’étoiles » où le fond noir symbolise la vacuité et la brièveté de la vie, en passant par les pochoirs des seventies qui annoncent déjà l'arrivée du Graffiti (pas du Street Art, SVP !), Robert Malaval a traversé son époque avec la fulgurance d'un flash d'héroïne, la vitesse d'un riff de Dick Dale ou de Chris Spedding. 

« La vie comme une farce » était presque la devise de celui a qui on attribue parfois la langue des Rolling Stones (à la bourre avec John Pasche) sur le " Sticky Fingers " à la braguette warholienne. 





L'insupportable répétition qui mène au mal-être et au vide. L'insuffisance du manque, la drogue et la jouissance ultime : le Rock'n'Roll !


« Vouloir tout saisir, c'est un vertige terrible ! »


Robert MALAVAL - Kamikaze Rock - Peinture acrylique & paillettes (1977)


En 1980 (il a déjà peint Kamikaze Rock et Kamikaze Fin du monde) dans l'urgence et après son ultime exposition-happening de Créteil, « Attention à la peinture - une exposition pirate » ... ... il se tire une balle dans la tête.




Aujourd'hui, bien loin de toutes ces histoires d'Art et de recherches picturales, le grand chaos qui nous entoure n'est plus ce doux bruit de la mer mais celui d'un tsunami ... La simplicité d'une époque s'oppose à cette complexité incontrôlable qui, aujourd'hui, semble rendre toute chose impossible. 
Ne pas accepter la fatalité et juste déjeuner sur l'herbe ... même si c'est pour la dernière fois.


L'oeuvre serait-elle de ne pas produire ?

Parce qu'elle permet d'abord d'échapper à tout marché financier et face à la débauche agressive des images, ce " Minimalisme Écologique " impose sa sobriété désespérée. Il est vital.

La non-production de nouvelles formes comme ultime tentative de préservation de l'espèce.

Ne pas en rajouter : une abnégation, qui loin d'être un renoncement serait plutôt une sorte de sobriété choisie visant l'improbable désemballement d'une civilisation fonçant droit dans le mur.


" Vouloir tout saisir, c'est un vertige terrible / faut aimer ça / de la vie à la mort faire le voyage / encore une fois encore une nuit encore un instant /j'aime à penser à des milliards, d'années / à l'infini et au néant toutes ces choses vertigineuses comme les valses de Strauss (et 1e champagne) // Parfois je sens notre vieux monde couler comme un vénérable camembert tout semble vain / je crois que je suis mort, alors pourquoi de temps à autre un visage, un tableau ou une chanson remet tout en marche et je ne vis que pour ça // Quand je peins, c'est que j' en ai envie / et ça recommence / je fais ce qui me plaît / je me fous de ce que les autres et moi ont fait / j'aime les paillettes jetées à la volée, les étoiles, les étincelles dorées / j'aime le charme, le mouvement et l'atmosphère // Ce que je suis, qui peut me le dire ? / les mots n'ont pas de sens mais parfois les images / j'aime la tempête et les orages / à dire vrai je me sens de moins en moins humain / j'aime la viande rouge, les steaks saignants / qu'est-ce que ça veut dire ? Où suis-je / bleu jaune vert rouge NOIR // Qu'on le sache bien / rien n'est plus précieux que le petit cœur qui bat tandis qu'elle dort sur le sofa de l'atelier / Je donnerais toutes les œuvres d'art de 1'univers pour ça pour cette chose sublime / fragile qu'un rien éteint, qu'un rien enflamme / juste un peu de vie/ Tout est pareil jusqu'à ce qu'on décide que c'est autrement // Maintenant ça va changer // Allez encore une fois / encore / encore/" tout compte pour zéro / pour toujours / à L'INFINI / ET J'AIME CA " - Robert Malaval (Ce message a été retrouvé à coté de son corps le 9 août 1980)

mardi 3 octobre 2017

Blade Runner & Cyberpunk

Le Cyberpunk (association des mots cybernétique  et punk) met en scène un futur proche empreint de violence et de pessimisme  dans une société technologiquement avancée, aseptisée et froide. 



                    « Le courant cyberpunk provient d'un univers où le geek et le rocker se rejoignent, d'un bouillon de culture où les tortillements des chaînes génétiques s'imbriquent. » Bruce Sterling




On considère souvent le Sony-Center situé sur la Potsdamer Platz à Berlin comme le symbole architectural et presque unique du cyberpunk.
  (Architecte: Helmut JAHN . Charpente: 700 tonnes d'acier,  3500 m² de verre. Hauteur : 103 mètres . 26 étages de bureaux . Surface habitable: 132 500 m² .  Surface au sol: 26 500 m ². Siège européen de Sony . Achevé en 2000) 

Librement inspiré du livre de Philip K Dick « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » Blade Runner (1982) de Ridley Scott est le film qui décrit le premier (et le mieux) cet univers souvent glauque du monde ténébreux qui nous pend au nez :



L'histoire: Alors que des milliers d'hommes et de femmes partent à la conquête de l'espace, fuyant les mégalopoles devenues invivables, une nouvelle race d'esclaves a vu le jour : les répliquants, androïdes que rien ne peut distinguer des humains. 
Après la première mutinerie dans un vaisseau spatial, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont déclarés " hors la loi ". L'unité spéciale des blade-runners, est alors chargée de les éliminer. C'est le personnage qu'incarne Harrison Ford qui doit « désactiver » les 6 derniers répliquants dans un Los Angeles déglingué et corrompu.  

samedi 30 septembre 2017

Veit STRATMANN

Grenoble, ce 23 septembre, je participais à un atelier au Magasin des Horizons sur le thème du risque.  Hormis la jeune fille qui animait le débat, à ma table, où nous réfléchissions sur les risques liés au nucléaire, il y avait 3 autres participants : deux personnes de " Sortir du nucléaire " et un artiste du nom de Veit STRATMANN.

On nous endort mais le problème est que l'on ne sait pas trop quoi faire des déchets liés à presque un siècle de nucléaire. Les gens au pouvoir bottent systématiquement en touche. D'après moi, la prochaine étape sera (comme au Japon) : " Comment rendre acceptable le fait que les radiations seront présentes pendant des siècles et comment faire passer dans l'opinion publique qu'il faudra vivre avec sans devenir fou ? ". 



Au japon certains enfants vont déjà à l'école avec un dosimètre.


Comme à l'apéritif nous avions échangé nos mails respectifs, Veit m'envoya ce lien. Son travail a ici un rapport avec le nucléaire, la problématique des déchets ultimes et de leur stockage sur le très très long terme (100.000 ans).
En l'instituant sous forme de rituel, il évoque la chute d'une civilisation, son apogée étant celui de l'age nucléaire  dont nous allons bientôt voir la fin. 


mardi 19 septembre 2017

CUPIDITÉ


Dans un premier temps, vouloir accéder à un certain confort matériel semble assez légitime. Malheureusement, l'Occident en est arrivée à un stade de concupiscence et de cupidité extrême.
La recherche des biens matériels a ses propres limites car elle n'apporte pas de satisfaction sur le long terme.
Elle crée même la frustration et la rumination qui exposent le psychisme à la dépression.

vendredi 8 septembre 2017

CultureFutur & Geoffrey Dorne

Rencontre brève mais fort sympathique avec le brillant Geoffrey Dorne ce matin au Magasin des Horizons de Grenoble.
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Ce jeune designer-Bidouilleur venait y présenter son livre HACKER CITIZEN, sorte de catalogue de petites bêtises urbaines (et assez gentilles) qu'il présente sous forme de fiches pratiques façon recettes de cuisine ou fiches-bricolage. 


Je vous le recommande.

mercredi 6 septembre 2017

Ecologie, Décroissance et Education


Conférence de lancement de la (R)évolution des colibris from Mouvement Colibris on Vimeo.

Discussion avec mon oncle et parrain Bernard sur l'écologie, la décroissance et l'école Montessori en mai 2012:
 

Il y a quelques années, Bernard a choisi de vivre en adéquation avec ses idées et a tenté l'aventure en habitant le Hameau des Buis.

samedi 5 août 2017

Black-out

Si on voulait remplacer les 4 tranches nucléaires de la centrale de Tricastin par de l'éolien il faudrait environ 3600 éoliennes ... et beaucoup de mistral. 


Cézanne aurait il peint cette Sainte Victoire là ?




Imaginons ce qui découlerait d'une banqueroute d' EDF et interrogeons nous sur la possibilité de survivre dans des villes qui ne seraient plus alimentées en électricité. 

vendredi 21 juillet 2017

3 - Le Nucléaire Civil Français: Tournant industriel [1970-1980]

Au début des années 1960, la commission PEON (Production d'Électricité d'Origine Nucléaire), créée en 1955 pour évaluer les coûts liés à la construction de réacteurs, avait préconisé le développement des centrales pour pallier au manque de ressources énergétiques français.

A l'époque deux positions s'affrontaient: celle du CEA (Frédéric Joliot-Curie) qui préconisait la filière UN et celle d' EDF qui souhaitait développer la filière américaine à l'uranium enrichi des Réacteurs à Eau Pressurisée (REP). Un rapport technique comparant les deux procédés réalisé en 1967, montre que le Kw/h produit avec une centrale UNGG est 20 % plus cher que celui produit par un REP de même puissance.

Pourtant, De Gaulle autorise la construction de deux centrales UNGG.

Jacques Chaban-Delmas et le président Georges Pompidou, nouvellement élu, font brutalement volte-face. Par décision interministérielle du 13 novembre 1969, la filière UNGG est abandonnée au profit des réacteurs à eau légère. Les deux arguments invoqués sont d’une part la taille compacte des REP et l’assise technique et financière des sociétés américaines. 

Deux événements internationaux vont conduire à une accélération spectaculaire du programme électronucléaire français. Le conflit israélo-arabe et notamment la guerre du Kippour en 1973 ainsi que le premier choc pétrolier qui conduit le prix du pétrole à doubler deux fois en octobre 1973, mettent brutalement en évidence la dépendance énergétique des pays occidentaux et leur fragilité en la matière au moment où le pays connaît une extraordinaire croissance économique.

Deux sociétés vont alors s’affronter pour exploiter les licences américaines: FRAMATOME (société franco-américaine de constructions atomiques) créée spécialement, exploitant le brevet de pour la technologie REP, et le groupe de la Compagnie Générale d'Électricité (CGE), devenu Alcatel-Alsthom en 1991, exploitant le brevet de General Electric pour la filière des réacteurs à eau bouillante. la centrale de Fessenheim où sont construits deux des 6 réacteurs du contrat-programme CP0.

EDF est autorisé à construire 2 REP à Fessenheim, au lieu des deux UNGG prévus. Ils seront raccordés au réseau en 1977. Puis quatre autres sont autorisés à Bugey (dans l'Ain). Ces six réacteurs constituent le palier CP0.



(à suivre ... )

samedi 8 juillet 2017

MACRON notre sauveur

Pour tous ceux qui pensent que Macron sera un bon berger pour la France, et, surtout, pour rigoler un peu, voici le dernier clip de Richard Gotainer :




dimanche 14 mai 2017

35 ans de psychaitrie ! Pourquoi ?

J'ai dans mon entourage des fonctionnaires qui se sentent jalousés car ils ont la sécurités de l'emploi, des professions libérales qui se sentent jalousées car elles ont un certain prestige, des salariés du privé qui se sentent jalousés car ils ont un boulot, des chômeurs qui se sentent jalousés car ils sont (encore) indemnisés .... et même un ou deux handicapés ou invalides qui, eux, aussi se sentent jalousés car ils touchent l' A.A.H sans rien faire. Ce sont les gens de mon entourage, mes proches. Chacun vaquant à son destin, s'en sortant avec plus ou moins de bonheur quand il faut vivre tout simplement.





Au milieu de ce bordel, je tente de sortir la tête hors de l'eau, d'être un bon mari, d'être un bon papa, de ne pas sombrer dans la dépression, de sourire, de faire le con, l'amuseur .... mais, 

On dit que les clowns sont les gens les plus désespérés ... et je crois que c'est vrai.

Quand mon copain l'herboriste dit HP, il ne me pense pas hopital psychiatrique mais haut potentiel. Il me parle de sentiments et d'émotions qui seraient une force. Pourtant, avec du recul, il me semble que mon hypersensibilité n'a été que la source de beaucoup de problèmes. La révolte de ma jeunesse s'est peu à peu transformée en aigreur, en renoncement. 
Il y a d'abord eu cette incompréhension familiale qui est à l'origine de la première hospitalisation. Cette immersion maternelle dans mon intimité la plus profonde. Le non respect du jeune homme que j'étais et le manque de confiance des parents. Les gens de Palo Alto appellent cela la Double Contrainte: Comment faire plaisir à papa et maman en devenant l'homme que je rêvais de devenir ?
Mission impossible !

Foirage complet qui amena mes parents à me confier aux psychiatres ou dysfonctionnement de mon cerveau ? (Je n'ai pas encore la réponse).
Longtemps, j'ai gardé la souffrance liée au manque de compréhension familiale initial comme un incicatrisable stigmate.
Le travail en milieu non protégé pendant une trentaine d'année ne m'a jamais aidé à me sentir mieux, bien au contraire. Il était extrêmement idiot de penser que le monde de l'entreprise et ses contraintes pourraient m'aider à aller mieux. 

Depuis ce mois de mars 2017, je suis en invalidité. 

Une nouvelle aventure commence. 

jeudi 2 février 2017

Strong Karma's men


Je croyais presque que ça y était mais un homme est mort ce 2 février à 19:10.
En voulant un peu l'accompagner (de quoi, je me mêle ?) je vais me perdre à nouveau ... Encore plus loin cette fois-ci.

Karma à la con ! 

Je vais me balader pendant une petite semaine entre ici et, pas " dans la lune ", non ! ... " juste à coté "





Le sentiment de révolte peut conduire à se retrouver seul contre le système donc, en quelques sortes, seul contre tous. Il engendre la partie punk du ZenPunk. Cette " distorsion mentale " et la mise en danger qui en découle sont pourtant les fondements tragiques de nos individualités. Rien n'est irréversible. On le croit, maintenant, mais croire que l'on maîtrise tout est une belle connerie aussi.
 Même si nous ne le voulons pas, le futur sera écrit. Avec ou sans nous, il le sera.
Par contre, q
uand je disais qu'il fallait laisser les manettes aux fous, je ne pensais vraiment pas que ça irait aussi vite.   

vendredi 20 janvier 2017

T'es barré ou quoi ?




« Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie. C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient ». Antonin ARTAUD  " Van Gogh, le suicidé de la société " - 1947


Antonin. ARTAUD par David SOUDAN

Dans la société, celle que l'on appelle parfois « la vraie vie », mais où le lien social, n'existe plus, les rapports sont de plus en plus violents et les contraintes de plus en plus fortes. Dans les institutions, c'est bien pire ! Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance que peu arriveront à supporter un séjour en psychiatrie. 
Le diktat et les pouvoirs y sont tellement illégitimes qu'ils ne peuvent être qu'abusifs.

Si tu n'adhères pas à cette société et comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans aucune concession ni regret.                                                


dimanche 15 janvier 2017

CHOMSKY - Les dix stratégies de manipulation des masses

Réédit du 1er octobre 2010   

Dans son livre "Armes silencieuses pour guerres tranquilles" (1979), le linguiste et philosophe américain, Noam CHOMSKY, Professeur émérite du Massachussetts Institute of Technology, a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » qui selon lui servent à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.


1/ La stratégie de la distraction :

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser de retour à la ferme avec les autres animaux. »


2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions :

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple, laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux ou le démantèlement des services publics.


3/ La stratégie de la dégradation :

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.


4/ La stratégie du différé :

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D'abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.


5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge :

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ».



6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion :

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…





7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise :

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures ».


8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité :

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte.


9/ Remplacer la révolte par la culpabilité :

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !


10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes :

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


dimanche 1 janvier 2017

« L’Existence est parfois difficile, pas la Vie »

                                                   Cette phrase est de Jacques SALOME 

phase3 (ФIII) observe PL,  PL qui mange, PL qui fume,  PL qui se déchire la tête, PL qui gueule, PL qui s'embrouille avec ceux qu'il aime, avec les autres aussi, PL qui souffre. PL heureux ... 
Comment fonctionne PL, en somme, PL qui vie.  


Notion de Conscience individuelle pervertie ( Corps, Cœur et Esprit) :  
Comme pas mal d'enfants, Pierre-Louis naquit pratiquement parfait (Haut Potentiel me dit même X-thophe,  mon pote herboriste). PL était plein de jolies qualités, plein de joie. Mais l'éducation, les habitudes, la routine et beaucoup de déceptions (souvent sentimentales) lui ont fait perdre ces qualités puis, peu à peu, son enthousiasme et son sourire.

L'expérience de la toute dernière et très récente hospitalisation, la pratique de la méditation, aussi, me font prendre cette décision:

" La Voodoofamily d'abord "



  • Apprendre à se respecter à Se regarder avec bienveillance
  • Ne pas négliger l'image que nous avons de nous-mêmes, parce que nous ne sommes peut-être, finalement, que ce que nous renvoyons au monde.  
  • Ne pas se laisser définir pas les autres et savoir dire " NON " aux demandes qui nous coûtent trop. 
  • Ne pas se croire victime car ce qui nous arrive n'est provoqué que par nous-même. 
  • Et enfin, se rester fidèle. (Personnellement, je n'y arrive pas vraiment. De compromis en compromis, j'ai souvent le sentiment de trahir mes propres engagements).

lundi 5 décembre 2016

Lanceuse d'alerte - Salon du livre - Irène FRACHON

Etre en avance m'est inhabituel mais comme le pote qui m’hébergeait à Paris, voulait aller prier ce matin du dimanche 27 novembre, je suis arrivé au salon du Livre des Lanceurs d'Alertes vers onze heures. Il y avait un soleil froid sur Paris.
Je m'assois d'abord sur un banc pour discuter un peu avec un mec pensif et fatigué sur l'esplanade Roger Linet.


Avec seulement le jus de légume de mon pote crudivore dans le ventre, je n'ai pas spécialement envie de perdre mon temps à philosopher avec quelqu'un qui reste songeur et de marbre.

Pour faire court, je lui demande s'il ne se les caille pas trop, à poil comme il est, parce que, moi, même avec ma doudoune et ma polaire grenobloise (fabriquée en chine) je me les gèle grave.
Finalement, je lâche le gars et rentre dans un café qui s'appelle " le Fidèle ".

Le café y est bon. Du coin de l'œil, j'observe un jeune homme au teint livide que deux autres personnes interviewent.

Dernière moi, une cloison légère me sépare de trois types qui discutent d'un des versets du Coran.

J'ai envie de fumer.
Je règle mon café au comptoir. Je remarque alors deux pieds nus qui jouent de manière presque sexy avec le cuir de mocassins bruns. (Je crois être un peu fétichiste des pieds féminins).
Une femme blonde me tourne le dos, elle est entourée de deux gars. C'est Irène Frachon ...  

J'ose :  
  -  « Madame Frachon ? »
  -  « Oui ? » me répond-elle.
 -  « Je suis désolé de vous déranger en pleine discussion, mais puis-je juste vous dire un mot, un seul  ? »
        Elle sourit
 -  « Merci, Madame ! »



Quand je sors, un pigeon est en train de chier sur la tête du jeune roi qui bientôt deviendra un travailleur épuisé.


Un peu plus tard, sur son smartphone, à l'heure de l'apéro, Irène Frachon me montrera une vidéo de son fils, guitariste, et de ses frères et sœurs qui ressemble terriblement à la scène musicale familiale que l'on voit dans la Fille de Brest.