samedi 5 octobre 2019

Micro-Expo / n°12 - FINITUDE


La finitude qualifie, dans le langage courant, ce qui est fini, le caractère de toute chose qui possède une limite au moins sous un certain rapport. Pour l'être humain, dont l'existence est limitée par la mort, la finitude s'entend principalement, mais pas seulement, par rapport au temps : c'est donc un trait, voire une définition, de sa condition essentiellement mortelle. Mais la finitude concerne également les limitations de nos facultés, et, en particulier, de notre faculté de connaître (par les sens et par l'entendement).
Le courant humaniste, qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain et sa capacité d'auto-détermination va avoir à résoudre le paradoxe que lui impose la prise en compte de la finitude concrète des capacités humaines.
Considérée sous le rapport de la fragilité de notre condition, éphémère et changeante, à notre opacité, la finitude s'oppose à l'immuable ainsi qu'à la transparence.



samedi 7 septembre 2019

Micro-Expo / n°11 - EXISTENCE

Le  local du Chimère Café était trop petit. Alors, pour préparer les journées des 29 et 30 novembre, Agustin Casalia est intervenu à la librairie Arthaud le samedi 7 septembre pour le deuxième petit déjeuner philosophique. 



Dans les années 80, issu de la société « d’individualisme de masse », le Graffiti naît de la volonté d’expression d’une génération pour laquelle se rendre visible au plus grand nombre, laisser sa signature visuelle, quitte à s’affranchir des lois et des règles communes, c’est exister, c’est – paradoxalement – faire société.



dimanche 4 août 2019

Chronovélos à Grenoble


J'avais présenté un projet d'autoroute à vélos à l'occasion de la Ruche aux projets participatifs 2016. Assez bizarrement (et à 3 points prêts) il avait été changé de catégorie au dernier moment (petits projets vers gros projets) et pendant la présentation la vue ci-dessus n'a pas pu être projetée alors que tout mon argumentaire était basé sur elle. Comme on le voit sur la vidéo, j'en ai été fort dépité et passablement énervé pendant la présentation au public.



Malgré tout cela, il ne me manquait que 3 points (sur 250) pour que le projet soit validé. Dommage !


2019 : On reparle des autoroutes à vélos :
Quand en 2016, mon projet avait été retoqué je ne m'attendais plus à le ressortir des cartons. Pourtant en début d'année, Jacques Wiart, conseiller municipal en charge des déplacements, m'invitait à participer à l'élaboration d'un document diagnostiquant les conflits d’usages observés entre les cyclistes, les piétons et automobilistes dans toutes les rues de mon quartier. Avec d'autres habitants, nous avons planché pendant 5 ou 6 séances sur les différents points noirs et, naturellement, j'ai ressorti mes vieux croquis. 


Je ne sais pas si mon projet d'"autoroute à vélos", renommé chronovélo, verra le jour mais, comme le dit Monsieur Wiard, j'ai été visionnaire.

jeudi 1 août 2019

Fukushima-Sur-Loire :

Travailler dans le nucléaire n'est pas anodin. Je n"ai été un nomade de l'atome que très peu de temps. Une expérience unique cependant.


J'ai parcouru les Centres de Production dans des conditions souvent précaires. Là où la vie d'un homme n'a pas beaucoup de valeur si on la compare au prix de l'énergie. La fatigue et le stress étaient mes compagnes. La peur, aussi, parfois: Celle de ne pas être techniquement à la hauteur et que la production en pâtisse. Pour faire fonctionner la machine, il n'y a pas de prix humain. Le monstre de béton et de ferraille réduit le travailleur à la fonction de " chair à neutrons ". Si tout ceci s'est mal terminé pour moi, ce fut encore bien pire pour certains autres ... mais cela n'a aucune importance.

Après trois ans d'un rythme effréné mes nerfs ont flanchés. 
Après ce premier épisode décompensatoire, j'ai quand même réussi à tenir dans le nucléaire civil pendant 30 ans mais ma carrière n'a plus été qu'une succession de frustrations et de mises au rencard. Dans cette période,  j'ai vu les compétences techniques de mes pairs s’effondrer de manière alarmante.
Cette vidéo (quand même un peu auto-biographique) n'est pas un témoignage mais un simple hommage romanesque à ces obscures qui font vivre le mythe du nucléaire. Leur nom est également sans importance.
Les vétérans commencent à se faire rares ...

samedi 22 juin 2019

Micro-Expo / n°10 - TEMPORALITÉ

Avant toute chose, prenez votre agenda et bloquez les 29 et 30 novembre 2019, deux belles journées où nous rentrerons en résonance avec le philosophe allemand Hartmut Rosa. 

 « Si l’accélération constitue le problème central de notre temps, la résonance peut être la solution. »

Résonance, le dernier ouvrage d'Harmut Rosa assoit les bases d’une sociologie de la vie bonne qui rompt avec l’idée que seules les ressources matérielles, symboliques ou psychiques suffisent à accéder au bonheur.

***

Pour préparer les journées des 29 et 30 novembre Agustin Casalia, thérapeute et philosophe suisse, d'origine argentine, était au  Chimère café ce samedi 22 juin pour un premier petit déjeuner philosophique. Il interviendra encore 3 autres fois d'ici fin novembre.

Pour lui, la relation se définie selon 5 axes majeurs :
  1.  La temporalité
  2.  La finitude (Mort)
  3.  Le monde
  4.  Le corps
  5.  La subjectivité 
1.  La temporalité : La mémoire n'est pas un objet fixe . Le filtre du souvenir fait évoluer notre histoire personnelle, la remanie sans cesse. Le temps n'est pas linéaire. Il n'est qu'interprétation. Le passé ne serait alors qu'un récipient dont on pourrait changer le contenu.




lundi 17 juin 2019

1984 xxx DEUS IRAE

En novembre 1984, avec ma copine du moment, je présentai une performance intitulée DEUS IRAE à l'école des Beaux-Arts où j'étais étudiant en troisième année.

Dans un espace sonore assez violent et bruitiste, les spectateurs se tenaient autour d'une grande bande de papier blanc. A un bout, un statuaire noir assez destroy représentait une sorte de machine déglinguée. Juste devant, un bloc de béton, noir aussi, était frappé d'une croix inclinée en X et d'une flèche en forme d'éclair.

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Habillé de manière très straight, façon dandy hi-tech, et après quelques gesticulations et poses rituelles dans l'espace cadencé par des raies de lumière issues de diapositives ...


... je commençai à me percer une veine du bras à l'aide d'un cathéter.

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Je me déplaçai ensuite sur le ruban de papier où goûtait mon sang en un clip-clap audible par la foule (la bande son ayant été arrêtée).
A la reprise du vacarmes des haut-parleurs, je projetai de l'essence sur le papier ainsi maculé des petites taches rouges de mes goûtes de sang et enflammai le liquide.

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La fumée envahit la salle de l'école. Une partie du public en sortait en toussant. Une autre, j'imagine à cause d'un effet de sidération, attendait la suite. (Avec mon amie, nous portions alors chacun un masque à gaz).

Là se produisit une chose inattendue:  Les gouttes de sang coagulées par les flammes avaient créé de petites hosties brunes.

Je les distribuai alors aux spectateurs encore présents en disant :
« Ceci est mon sang ! »

vendredi 7 juin 2019

micro-expo / n°9

Ce matin, avec Elisabeth, quand nous sommes allés rencontrer le philosophe et thérapeute Agustin CASALIA , chez lui à Lausanne, nous avions pensé que notre visite durerait une petite heure ... Nous sommes ressortis 3 heures plus tard ... un peu KO.

Si l'idée que le futur n'est pas écrit est assez facile à comprendre, Agustin nous expliquait (entre autre) que le passé ne l'est pas plus. 




La mémoire n'est pas un objet fixe car le filtre du souvenir fait évoluer notre histoire personnelle, la remanie sans cesse. Le temps n'est pas linéaire. Il n'est qu'interprétation. Le passé ne serait qu'un récipient, dont on pourrait changer le contenu.

Agustin Casalia sera au Chimère café le samedi 22 juin à 9:30 pour un petit déjeuner philosophique. 
Venez nombreux !  (Jetez aussi un œil à la µexpo au fond de la salle). 

mardi 23 avril 2019

micro-expo / n° 8

Visitez la µexpo en suivant ce lien ou directement au Chimère café, 12 rue Voltaire à Grenoble, elle évolue du jour en jour ...

La Loge des Dames 

lundi 15 avril 2019

micro-expo / n°7

Pré-Initiation

Initiation


L'initiation est le processus par lequel un novice accède à un statut plus élevé par l'acquisition de connaissances ou l'admission à des activités particulières d'une communauté religieuse, d'une société secrète ou d'un groupe. D'une façon plus générale, l'initiation désigne l'accession à la connaissance préliminaire d'une science, d'une profession, d'un art. Depuis les mystères d'Isis en Égypte,  jusqu'à la franc-maçonnerie de nos jours, en passant par les peuples premiers, chaque espace culturel contient des rites d'initiation.

lundi 8 avril 2019

micro-expo / n° 6

Un égrégore (ou eggrégore) est, dans l'ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe influencé par les désirs communs de plusieurs individus unis dans un but bien défini. Cette force aurait besoin d'être constamment alimentée par ses membres au travers de rituels établis et définis.


 Quand un seul individu fait la même chose, on dit qu'il délire.

Expérience de mort imminente 

lundi 1 avril 2019

micro-expo / n° 5

En sciences sociales, une interaction fait référence à toutes les actions réciproques entre deux ou plusieurs individus au cours desquelles des informations sont partagées. L'interaction est dite sociale car non seulement elle produira du sens, mais aussi parce qu'elle s'inscrit dans un contexte qui influence les actions de chacun.


lundi 18 mars 2019

micro-expo / n° 3

Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène. Quand un groupe de personnes élabore une pensée chimérique, il se peut qu'ils créent une religion, quand un seul individu fait la même chose, on dit qu'il est fou.



lundi 11 mars 2019

micro-expo / n° 2



Ce qui me lie aux autres humains ? Question très intéressante. La schizophrénie est une maladie du lien. Maladie du lien perdu avec les autres, justement. Lien avec les autres qui est devenu aliénant jusqu'à se rompre. Ce qui lie aux autres c'est le désir, l'envie, l'amour, le sexe, les luttes, les combats que l'on mène ensemble, les associations citoyennes de défense des droits humains. Les hobbies, les passions, le sport, les croyances, les non croyances, l'athéisme, la "religion", religaere en latin. La mort, la maladie, les difficultés de la vie que l'on essaye de surmonter ensemble. L'Art, la beauté, la philosophie, la spiritualité, les émotions, les sentiments. La haine, le mépris, le racisme, l'intolérance et le fanatisme peuvent aussi lier les personnes . La schizophrénie fait perdre le lien aux autres. Il s'agit alors de créer de nouveaux liens de créer une nouvelle histoire, une nouvelle aventure. Dés la naissance, nos liens sont sans cesse renouvelés, tel le cordon ombilical qui est tranché. Le lien avec la mère qui se transforme. D'autres liens avec d'autres personnes viennent se greffer autour de l'enfant. Bref, vive les liens ! Sauf les liens aliénants. - JU sur Facebook.

Fukushima Blues (2011/03/11)





lundi 4 mars 2019

La micro-expo au Chimère Café

Le grand chaos qui nous entoure ne fait plus le doux bruit de la mer mais celui d'un tsunami. La simplicité d'une époque s'oppose à cette complexité incontrôlable qui, aujourd'hui, semble rendre toute chose impossible. Point de non retour ? Pour ne pas accepter la fatalité. Juste s’asseoir pour boire un café à la Chimère ... même si c'est pour la dernière fois.



Le tiers-espace pose le redoutable problème de l’identification et de la quantification, de sorte que l'on puisse dépasser le diagnostic un peu rapide du lieu physique (ou virtuel) de la rencontres entre personnes et des compétences variées qui n'ont pas forcément vocation à se croiser.


L'oeuvre serait alors de ne rien produire d'autre que du lien.

Face à cette perspective un peu péjorative, j'ai préféré laisser une trace quasi insignifiante (mais évolutive) dans ce lieu.

J'ai appelé ça la µexpo ... J'espère qu'elle vous plaira. 

vendredi 8 février 2019

Robert MALAVAL : une brièveté Eternelle

Robert Malaval (1937 - 1980) est surement le seul peintre Rock français.

Du papier mâché de la série « Aliments blancs », et sa métaphore d'un mal proliférant et inévitable du début des années 60, jusqu'à la série pleine de paillettes « Poussière d’étoiles » où le fond noir symbolise la vacuité et la brièveté de la vie, en passant par les pochoirs des seventies qui annoncent déjà l'arrivée du Graffiti (pas du Street Art, SVP !), Robert Malaval a traversé son époque avec la fulgurance d'un flash d'héroïne, la vitesse d'un riff de Dick Dale ou de Chris Spedding. 

« La vie comme une farce » était presque la devise de celui a qui on attribue parfois la langue des Rolling Stones (à la bourre avec John Pasche) sur le " Sticky Fingers " à la braguette warholienne. 





L'insupportable répétition qui mène au mal-être et au vide. L'insuffisance du manque, la drogue et la jouissance ultime : le Rock'n'Roll !


« Vouloir tout saisir, c'est un vertige terrible ! »


Robert MALAVAL - Kamikaze Rock - Peinture acrylique & paillettes (1977)


En 1980 (il a déjà peint Kamikaze Rock et Kamikaze Fin du monde) dans l'urgence et après son ultime exposition-happening de Créteil, « Attention à la peinture - une exposition pirate » ... ... il se tire une balle dans la tête.





" Vouloir tout saisir, c'est un vertige terrible / faut aimer ça / de la vie à la mort faire le voyage / encore une fois encore une nuit encore un instant /j'aime à penser à des milliards, d'années / à l'infini et au néant toutes ces choses vertigineuses comme les valses de Strauss (et 1e champagne) // Parfois je sens notre vieux monde couler comme un vénérable camembert tout semble vain / je crois que je suis mort, alors pourquoi de temps à autre un visage, un tableau ou une chanson remet tout en marche et je ne vis que pour ça // Quand je peins, c'est que j' en ai envie / et ça recommence / je fais ce qui me plaît / je me fous de ce que les autres et moi ont fait / j'aime les paillettes jetées à la volée, les étoiles, les étincelles dorées / j'aime le charme, le mouvement et l'atmosphère // Ce que je suis, qui peut me le dire ? / les mots n'ont pas de sens mais parfois les images / j'aime la tempête et les orages / à dire vrai je me sens de moins en moins humain / j'aime la viande rouge, les steaks saignants / qu'est-ce que ça veut dire ? Où suis-je / bleu jaune vert rouge NOIR // Qu'on le sache bien / rien n'est plus précieux que le petit cœur qui bat tandis qu'elle dort sur le sofa de l'atelier / Je donnerais toutes les œuvres d'art de 1'univers pour ça pour cette chose sublime / fragile qu'un rien éteint, qu'un rien enflamme / juste un peu de vie/ Tout est pareil jusqu'à ce qu'on décide que c'est autrement // Maintenant ça va changer // Allez encore une fois / encore / encore/" tout compte pour zéro / pour toujours / à L'INFINI / ET J'AIME CA " - Robert Malaval (Ce message a été retrouvé à coté de son corps le 9 août 1980)

mardi 22 janvier 2019

Couper la tête du roi ... en voila une belle idée !

***** Redif d'août 2008 ****
Gil est jaune
Vouloir tout foutre en l’air est un peu trop radical à mon gout. La destruction matérielle, si elle vient de quelques individus, n’est pas une solution crédible. Ses enfants capricieux, la société les mâte vite et ils finissent en prison ou en hôpital psychiatrique, oubliés de tous.


Les émeutes sont le dernier recours et sont toujours réprimées par l’autorité au pouvoir. Elles n’ont pas l’adhésion du plus grand nombre, non plus.
Crois-moi, la violence physique est moins forte que les mots !

La vraie révolution est d’abord dans la tête.

Faire évoluer les mentalités par la réflexion et pas par la force.
Si le combat est dans le mouvement, il doit être celui de la mutation des idées.
Certaines choses doivent rentrer dans les mentalités et la seule façon de le faire, est de les colporter, par tous les moyens, à la conscience collective.

Je ne sais pas, tu parlais de violence …
De toute façon la grève est toujours un sacrifice et si on laisse faire ce gouvernement, on sera bientôt tous à la rue. Comme tu le dis, le système est organisé pour que toute rébellion soit presque impossible à cause de notre taux d’endettement. Mais il n’y a pas un huissier par français.


Je te le répète l’action passera d'abord par le verbe.
Il faut que nous colportions la parole pour faire sortir les gens de la pensée unique véhiculée par les médias, eux même manœuvrés par le pouvoir en place.

Aujourd’hui, sous prétexte de verni démocratique et de respect des autres, plus personne ne fait rien ...

mardi 8 janvier 2019

Gilets jaunes

Certains, restés sur la touche de l'histoire et de la compréhension des choses, se gargarisent encore de l'idée du Grand Soir, sur un rond point sordide, habillés de plastique jaune, à regarder passer notre pire création ... J'ai de la sympathie pour eux, et, encore plus, de la compassion à voir leurs illusions comme j'ai pu perdre les miennes. Il est tard mes amis, bien trop tard ! La Terre est détruite. La société des hommes aussi. L'une à l'image de l'autre dans le "Chaos de l'harmonie" !


Laissons faire le destin, sans rien en vouloir, ne nous opposons pas à l'arrivée de la grande régénération. Il faut que ce qui coule de source regagne l'océan, que ce qui tombe du ciel abreuve les forêts, que les hommes saignent et que les hommes meurent, que tout rouille, tout soit dissout pour que les souffrances cessent et que la vie revienne.



 - Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists: par là nous connaissons que c'est la dernière heure. »— (I Jean 2:18, LS)2:18.

lundi 22 octobre 2018

Collapsologie

Pendant mes 30 ans de travail dans le nucléaire civil, j'ai vu les compétences techniques de mes pairs s’effondrer si sûrement qu'aujourd'hui je peux affirmer que plus personne ne comprend comment fonctionnent ces dragons modernes aussi mystérieux qu'effrayants que sont les réacteurs.

Le matériel exploité dans les centrales nucléaires est si vieux que les réparations deviennent de plus en plus difficiles à effectuer sans quelques emplâtres plus ou moins fiables. 

Depuis mars 2011 et la catastrophe de Fukushima, je sais que notre civilisation court à sa perte. Cela a créé chez moi un tel état de sidération que, depuis, je n'avais pu reprendre le travail qu'à reculons et finalement préférer me faire licencier quand mon chef de service chez Rolls Royce Civil Nuclear m'a demandé de ne plus faire de sûreté mais simplement du chiffre d’affaires. 

De fils en aiguille, j'ai affûté ma vision sur la production d'énergie puis sur l'écologie.

Samedi 13 octobre, je participais à la marche pour le climat puis, le lendemain, à la " F(aî)te de l'écologie " à Grenoble. 




La Collapsologie est l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder.


dimanche 20 mai 2018

Art urbain, le cas de Grenoble

La généalogie de l'art urbain est multiple et complexe, car il puise ses origines dans des disciplines graphiques aussi variées que la bande dessinée ou l'affiche.

 L’essence de l'art urbain contemporain se retrouve tant dans les œuvres des affichistes d'après-guerre comme Raymond Savignac, en France, que dans celles des dessinateurs de la contre-culture américaine tels Robert Crumb ou Vaughn Bodé, tous deux figures de proue du Comics Underground depuis les années 1960. La prise en compte de l'environnement urbain et social dans la création contemporaine voit aussi des expérimentations d'intégration de l'art dans la ville.




En 1967, le symposium international de sculpture de Grenoble, dans le cadre du programme de préparation des Jeux olympiques d’hiver, marque le premier retour des artistes sur la scène urbaine depuis la deuxième guerre mondiale. La municipalité de la ville souhaite associer des plasticiens dès la conception de La Villeneuve.


Si Jean Dewasne (maîtres de l'abstraction constructive) est initialement contacté, la décoration sera finalement confiée à l’architecte franco-italien Henri Ciriani et au chilien Borja Huidobro, membres de l'Atelier d'urbanisme et d'architecture (AUA), fondé en 1959 par l’urbaniste Jacques Allégret et qui se caractérise par ses penchants collectivistes et sa vocation collaborative.


C'est dans le quartier des Baladins que K. Schultze avec ses géants réussira le mieux l'articulation entre la sculpture, l’architecture et l’urbanisme.




D'autres expériences sont imaginées dans des villes nouvelles, comme Évry, en 1972, ou Marne-la-Vallée.

Pendant la période « Pompidou », un malaise existentiel, social, sexuel et politique généré par cette « Nouvelle société » et la consommation effrénée, produit, dès 1968, en une sorte de réponse européenne au Pop-Art américain, le mouvement de la « figuration narrative ».



En 1975, le collectif parisien des Malassis réalise une grande fresque sur les murs du nouveau centre commercial de Grand'Place. Ils proposent une variation en 11 panneaux, inspirés par « Le Radeau de la Méduse » de Géricault. En ce haut lieu marchand, les auteurs expliquaient : « Ce Radeau de la Méduse, c'est le naufrage de notre société de consommation ». Une allégorie du naufrage dans les frites congelées, de l'exotisme des agences de voyage et des conserves usagées. Le summum de la perversion des fonctions digestives de l'art récupérée par une société moderne.




A l'époque, l'œuvre provoqua un intense débat dans la presse mais fut pourtant recouverte, en 2000, dans la plus grande indifférence.


En 1979, Ernest Pignon-Ernest, considéré, par beaucoup, comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France, réalisa une fresque à la bourse du travail. Située entre la galerie de L'Arlequin et Grand'Place, cette fresque est encore visible et a été récemment restaurée (2016).



Autonome et parallèle, l'Art urbain a pour initiateurs Zlotykamien, Daniel Buren, Ernest Pignon-Ernest en France, ou Roger Somville en Belgique. S'il commence à s'épanouir en France à partir de 68, il n'est officialisé qu'au début des années 80 sous l'influence, entre autre, d'Agnès B. et de Jack Lang, ministre de la Culture.


Grenoble, parce que son maire RPR, Alain Carignon, y fit régner « une certaine idée de l’ordre et de la rigueur », de 1983 à 1995, fut, par réaction, l’une des villes françaises les plus remarquables en matière d’Art subversif.


BERRIAT 83: Christine Breton, qui à l’époque était conservatrice du Musée de Grenoble, préparait une exposition qui ne se déroulait pas dans le musée, mais dans un des quartiers de la ville: Berriat. A l’époque, c’était tout à fait nouveau. Le catalogue était une bande photographique, qui permettait de suivre un parcours via des photos et d’avoir toujours en regard ce que l’on pouvait voir à cet endroit là. C’est donc un rouleau de 3 mètres de long qui a été imprimé en sérigraphie, en noir et blanc, et roulé pour retrouver l’esprit des cheminées du quartier. Ce projet a fait scandale. A l’époque, Alain Carignon qui venait d’être élu maire de la ville, considérait que c’était jeter l’argent public par la fenêtre et a fortement critiqué la conservatrice.

En ce début des années 80, Grenoble comptait quelques graffiteurs et une toute nouvelle école d’art, rue Lesdiguière. Mix du graffiti et de la « figuration libre », un mouvement grenoblois était sur le point d’éclore.



L’exposition collective Berriat 83 a bien failli être annulée alors que le catalogue référençait pas mal des nombreux artistes qui, à l’époque, vivaient et travaillaient dans la ville.
 

Les musées et surtout l’école des Beaux-arts ont posé de réels problèmes à la municipalité Carignon, comme l’occupation de l’école par les élèves dès la rentrée 1983/84. 



Dans cette période, un fort mouvement contestataire visant à modifier le système en place par l’illustration de ses défauts et par la promotion de valeurs différentes (voire antagonistes) vit le jour à Grenoble.

Issu de la société « d’individualisme de masse », au sens où la décrit Pierre Gascar, le Street Art naît de la volonté d’expression d’une génération pour laquelle se rendre visible au plus grand nombre, laisser sa signature visuelle quitte à s’affranchir des lois et des règles communes, c’est exister. 
C’est – paradoxalement – faire société.

dimanche 1 avril 2018

Save the last spray for me !

Le public ne reconnait un mouvement artistique que quand il est mort.

Depuis Banksy, les médias relatent de plus en plus d'événements liés aux arts urbains : expos de street art, ventes de graffitis. Les institutions investissent ce nouveau filon sans chercher à le comprendre. C'est,  pour elles, un produit comme un autre. La culture devient divertissement.  On assiste à l'aberration de vendre aux enchères ou d'exposer de ce que, par essence, ne peut exister que dans la rue.

Les écoles de graphisme idolâtrent la culture urbaine et son esthétisme. La transposition malheureuse qu'en fait toute une bande de personnages agissant individuellement ou en associations (subventionnées de préférence) dévoie l'art de la rue en des travers mercantiles. Avec une fausse rébellion et la mise en scène de l'illégalité, cette génération est maintenant cul et chemise avec le système économique qu'elle dit combattre.

Comme l'est aujourd'hui le numérique, la bombe de peinture fut en son temps un outil pour la création picturale. Facteur de vitesse, les sprays nous ouvraient de nouveaux champs par l'accélération du rythme d'exécution des œuvres. Même si, parce qu'il s'agissait le plus souvent de peinture glycérophtalique qui demandait plus d'attention au séchage (et qui pouvait couler), en ces début des années 80,  la " bebom " accélérait l'exécution et par effet de bord apportait une nouvelle donne plastique.

Les objets dérivés, rarement la figure elle-même, ont créé une économie entière. 

Proche de l’industrie du divertissement, les street artistes décorent les salons et les façades des bourgeois et fayotent pour qu'ils achètent une de leurs toiles souvent vides de sens.  Leur métier est reconnu et  enseigné dans les écoles.

Si le numérique, internet ou le hacking nous donne aujourd'hui le loisir de court-circuiter les médias habituels (journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes), le street art, lui, fait exactement le contraire et se rue vers le système commercial, les galeries, les musées, les subventions et les honneurs les plus divers. 


Rechercher la satisfaction immédiate:  La jouissance express dans l’espace public avec un minimum d'efforts de réflexion et de création, sans revendication, ni éducation, nous conduit au cul de sac sociétal de l'hédonisme.  

" Le street art est à peu prêt au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers ".




Le graffiti vrai n’était pas commercialisable. Les politicards ou leur police n'étaient pas des amis. Quelques graffiteurs historiques, hacker urbains, quand ils ont survécu, restent les messagers de la contre-culture et du changement. Leurs réflexions et leurs engagements sont la dernière chance de modification de notre  société de moutons !

lundi 26 mars 2018

Sarkozy nie avoir reçu le moindre centime des Bettencourt

Jeudi 22 novembre 2012, quand Nicolas Sarkozy a assuré aux juges bordelais, que les Bettencourt " ne lui ont jamais donné un sou ", il dit peut-être la vérité. Il se peut aussi qu'il n'ait pas touché à cet argent puisse que c'était Eric Woerth qui l'avait directement porté en Suisse mais qu’il n’en ait jamais profité personnellement, ou pour sa campagne, c’est une toute autre histoire ...



Si on analyse les propos plus récents d'Hervé Falciani 



et l'explication qu'il fait de la fraude fiscale chez HSBC, on comprend qu'il existe (quel que soit le système) énormément de manière de détourner de l'argent.
Si, le plus souvent, pas mal de personnes sont également arrosées, elles deviennent, suivant une bonne vieille recette mafieuse, redevables des escrocs. Ils seront ainsi assurés de leur silence. 

Il suffira ensuite de régler l'opinion publique en lui faisant croire aux pires âneries et le tour est joué.

Par contre, casser la loi du milieu, peut amener à certains déboires [cf : Nicolas SARKOZY dans le Libyen Gate].

samedi 24 février 2018

Climat : Et si on avait vraiment tout foutu en l'air ?

Si le Gulf Stream s'arrêtait l'Europe pourrait être plongée dans un hiver glacial durant plusieurs décennies, preuves à l'appui, les scientifiques explique que le Gulf Stream s'est déjà arrêté et que cela pourrait se reproduire.


mercredi 14 février 2018

Dans le tram

L'autre jour,  j'étais  en retard pour amener ma fille à l'école. Le chauffeur du tram E nous a attendu à l'arrêt Libération. Avec mon genou  abîmé, pas le temps de composter.


A l'arrêt suivant (Condorcet),  où nous descendons, une bonne dizaine de contrôleurs attendait aussi .
Courte discussion stérile ... Comme l'heure de la sonnerie de l'école arrivait, je ne pouvais et ne voulais pas palabrer. Il y avait au moins 10 contrôleurs mais aucun n'a voulu demander au chauffeur si je disais vrai.
Au final: une prune de 40 € pour titre de transport non composté.

Non seulement, ce n'est pas sympa, mais cela ne montre pas la vertu à ma gamine: Elle sait que toute la famille est abonnée de longue date au réseau TAG et que pour des raisons de perte d'emploi,  je faisais un test pendant un an. Ne bénéficiant plus d'une aide de mon employeur (puisque que je n'en ai plus, pour cause d'invalidité)  je voulais voir si j'étais gagnant en fonctionnant avec un ticket validé à chaque trajet.
Tu parles ! 

Je suis de plus en plus  dégoûté par ce système où l'on est d'office présumé coupable !