dimanche 20 mai 2018

Art urbain, le cas de Grenoble

La généalogie de l'art urbain est multiple et complexe, car il puise ses origines dans des disciplines graphiques aussi variées que la bande dessinée ou l'affiche.

 L’essence de l'art urbain contemporain se retrouve tant dans les œuvres des affichistes d'après-guerre comme Raymond Savignac, en France, que dans celles des dessinateurs de la contre-culture américaine tels Robert Crumb ou Vaughn Bodé, tous deux figures de proue du Comics Underground depuis les années 1960. La prise en compte de l'environnement urbain et social dans la création contemporaine voit aussi des expérimentations d'intégration de l'art dans la ville.




En 1967, le symposium international de sculpture de Grenoble, dans le cadre du programme de préparation des Jeux olympiques d’hiver, marque le premier retour des artistes sur la scène urbaine depuis la deuxième guerre mondiale. La municipalité de la ville souhaite associer des plasticiens dès la conception de La Villeneuve.


Si Jean Dewasne (maîtres de l'abstraction constructive) est initialement contacté, la décoration sera finalement confiée à l’architecte franco-italien Henri Ciriani et au chilien Borja Huidobro, membres de l'Atelier d'urbanisme et d'architecture (AUA), fondé en 1959 par l’urbaniste Jacques Allégret et qui se caractérise par ses penchants collectivistes et sa vocation collaborative.


C'est dans le quartier des Baladins que K. Schultze avec ses géants réussira le mieux l'articulation entre la sculpture, l’architecture et l’urbanisme.




D'autres expériences sont imaginées dans des villes nouvelles, comme Évry, en 1972, ou Marne-la-Vallée.

Pendant la période « Pompidou », un malaise existentiel, social, sexuel et politique généré par cette « Nouvelle société » et la consommation effrénée, produit, dès 1968, en une sorte de réponse européenne au Pop-Art américain, le mouvement de la « figuration narrative ».



En 1975, le collectif parisien des Malassis réalise une grande fresque sur les murs du nouveau centre commercial de Grand'Place. Ils proposent une variation en 11 panneaux, inspirés par « Le Radeau de la Méduse » de Géricault. En ce haut lieu marchand, les auteurs expliquaient : « Ce Radeau de la Méduse, c'est le naufrage de notre société de consommation ». Une allégorie du naufrage dans les frites congelées, de l'exotisme des agences de voyage et des conserves usagées. Le summum de la perversion des fonctions digestives de l'art récupérée par une société moderne.




A l'époque, l'œuvre provoqua un intense débat dans la presse mais fut pourtant recouverte, en 2000, dans la plus grande indifférence.


En 1979, Ernest Pignon-Ernest, considéré, par beaucoup, comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France, réalisa une fresque à la bourse du travail. Située entre la galerie de L'Arlequin et Grand'Place, cette fresque est encore visible et a été récemment restaurée (2016).



Autonome et parallèle, l'Art urbain a pour initiateurs Zlotykamien, Daniel Buren, Ernest Pignon-Ernest en France, ou Roger Somville en Belgique. S'il commence à s'épanouir en France à partir de 68, il n'est officialisé qu'au début des années 80 sous l'influence, entre autre, d'Agnès B. et de Jack Lang, ministre de la Culture.


Grenoble, parce que son maire RPR, Alain Carignon, y fit régner « une certaine idée de l’ordre et de la rigueur », de 1983 à 1995, fut, par réaction, l’une des villes françaises les plus remarquables en matière d’Art subversif.


BERRIAT 83: Christine Breton, qui à l’époque était conservatrice du Musée de Grenoble, préparait une exposition qui ne se déroulait pas dans le musée, mais dans un des quartiers de la ville: Berriat. A l’époque, c’était tout à fait nouveau. Le catalogue était une bande photographique, qui permettait de suivre un parcours via des photos et d’avoir toujours en regard ce que l’on pouvait voir à cet endroit là. C’est donc un rouleau de 3 mètres de long qui a été imprimé en sérigraphie, en noir et blanc, et roulé pour retrouver l’esprit des cheminées du quartier. Ce projet a fait scandale. A l’époque, Alain Carignon qui venait d’être élu maire de la ville, considérait que c’était jeter l’argent public par la fenêtre et a fortement critiqué la conservatrice.

En ce début des années 80, Grenoble comptait quelques graffiteurs et une toute nouvelle école d’art, rue Lesdiguière. Mix du graffiti et de la « figuration libre », un mouvement grenoblois était sur le point d’éclore.



L’exposition collective Berriat 83 a bien failli être annulée alors que le catalogue référençait pas mal des nombreux artistes qui, à l’époque, vivaient et travaillaient dans la ville.
 

Les musées et surtout l’école des Beaux-arts ont posé de réels problèmes à la municipalité Carignon, comme l’occupation de l’école par les élèves dès la rentrée 1983/84. 



Dans cette période, un fort mouvement contestataire visant à modifier le système en place par l’illustration de ses défauts et par la promotion de valeurs différentes (voire antagonistes) vit le jour à Grenoble.

Issu de la société « d’individualisme de masse », au sens où la décrit Pierre Gascar, le Street Art naît de la volonté d’expression d’une génération pour laquelle se rendre visible au plus grand nombre, laisser sa signature visuelle quitte à s’affranchir des lois et des règles communes, c’est exister. 
C’est – paradoxalement – faire société.

dimanche 1 avril 2018

Save the last spray for me !

Le public ne reconnait un mouvement artistique que quand il est mort.

Depuis Banksy, les médias relatent de plus en plus d'événements liés aux Arts Urbains: expo de Street Art, ventes de graffitis. Les institutions investissent ce nouveau filon sans chercher à le comprendre ou à l’expliciter, un produit comme un autre. La Culture devient divertissement.  On assiste à l'aberration de ventes aux enchères et d'expositions de ce que, par essence, ne peut exister que dans la rue.

Tandis que les écoles de graphisme dégueulent la culture urbaine  et son esthétisme, la transposition malheureuse que toute une bande de sales personnages agissant individuellement ou en associations, subventionnées de préférence,  dévoie d'autant plus le Street-art en des voies mercantiles.  Avec une fausse rébellion et la mise en scène de l'illégalité, cette génération est maintenant si proche du système économique qu’elle se confond avec celui qu'elle dit combattre.

Comme l'est aujourd'hui le numérique, la bombe de peinture fut un outil pour la création picturale. Facteur de vitesse, les spray nous ouvraient de nouveaux champs par l'accélération du rythme de l'exécution des œuvres. Même si, parce qu'il s'agissait le plus souvent de peinture glycérophtalique qui demandait plus d'attention au séchage (et qui pouvait couler), en ces début des années 80,  la " bebom " accélérait l'exécution et par effet de bord apportait une nouvelle donne médiatique.

Les objets dérivés, rarement la figure elle-même, ont créé une économie entière. 

Proche de l’industrie du divertissement, les street-artistes décorent les salons et les façades des bourgeois et fayotent pour qu'ils achètent une de leurs toiles. Toiles souvent vides de sens. 
Ils ont un métier, reconnus et  enseignés dans les écoles.
Si le numérique, internet ou le hacking nous donne aujourd'hui le loisir de court-circuiter les médias habituels (journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes), le Street-art, lui, fait exactement le contraire et se rue vers le système commercial, les galeries, les musées et les honneurs les plus divers. 


Rechercher la satisfaction immédiate:  La jouissance express dans l’espace public avec un minimum d'efforts de réflexion et de création, sans revendication, ni éducation, nous conduit au cul de sac sociétal de l'hédonisme.  

" Le street art est à peu prêt au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers ".




Le graffiti vrai n’était pas commercialisable et les politicards, ou leur police, n'étaient pas des amis. Quelques graffiteurs historiques, quand ils ont survécu, restent les messagers de la contre-culture et du changement. Leurs réflexions et leurs engagements sont la dernière chance de modification de notre société de moutons !

lundi 26 mars 2018

Sarkozy nie avoir reçu le moindre centime des Bettencourt

Jeudi 22 novembre 2012, quand Nicolas Sarkozy a assuré aux juges bordelais, que les Bettencourt " ne lui ont jamais donné un sou ", il dit peut-être la vérité. Il se peut aussi qu'il n'ait pas touché à cet argent puisse que c'était Eric Woerth qui l'avait directement porté en Suisse mais qu’il n’en ait jamais profité personnellement, ou pour sa campagne, c’est une toute autre histoire ...



Si on analyse les propos plus récents d'Hervé Falciani 



et l'explication qu'il fait de la fraude fiscale chez HSBC, on comprend qu'il existe (quel que soit le système) énormément de manière de détourner de l'argent.
Si, le plus souvent, pas mal de personnes sont également arrosées, elles deviennent, suivant une bonne vieille recette mafieuse, redevables des escrocs. Ils seront ainsi assurés de leur silence. 

Il suffira ensuite de régler l'opinion publique en lui faisant croire aux pires âneries et le tour est joué.

Par contre, casser la loi du milieu, peut amener à certains déboires [cf : Nicolas SARKOZY dans le Libyen Gate].

samedi 24 février 2018

Climat : Et si on avait vraiment tout foutu en l'air ?

Si le Gulf Stream s'arrêtait l'Europe pourrait être plongée dans un hiver glacial durant plusieurs décennies, preuves à l'appui, les scientifiques explique que le Gulf Stream s'est déjà arrêté et que cela pourrait se reproduire.


mercredi 14 février 2018

Dans le tram

L'autre jour,  j'étais  en retard pour amener ma fille à l'école.
Le chauffeur du tram E nous a attendu à l'arrêt Libération.
Avec mon genou  abîmé, pas le temps de composter.


A l'arrêt suivant (Condorcet),  où nous descendons, les contrôleurs attendaient aussi ...
Après une courte discussion stérile,  et comme l'heure  de la sonnerie à l'école arrivait, je ne pouvais et ne voulais pas trop palabrer. Il y avait au moins 20 contrôleurs et aucun n'a voulu demander au chauffeur si je disais vrai. Au final, ils m'ont mis une prune de 40 €.  Titre non composté.

Non seulement, ce n'est pas sympa, mais cela ne montre pas la vertu à ma gamine: Elle sait que toute la famille est abonnée de longue date au réseau TAG mais que pour des raisons de perte d'emploi,  je faisais un test sur un an.
Ne bénéficiant plus d'une aide de mon employeur (puisque que je n'en ai plus, pour cause d'invalidité)  je voulais voir si j'étais gagnant en fonctionnant avec un ticket validé à chaque trajet. Tu parles ! 

Je suis de plus en plus  dégoûté par ce système 
où l'on est d'office présumé coupable !


samedi 6 janvier 2018

NOTAV malgré tout

— à Saint-Jean-de-Maurienne.

Même si nous venons de vider la maison de notre enfance à cause du Lyon-Turin, je reste définitivement #Notav.




Ma mère n’était que locataire. Le proprio, comme d'autres, a trouvé là une belle opportunité pour vendre ce "presque taudis" de manière bien avantageuse pour lui. (pendant les 40 ans où nous avons occupé les lieux, il n'y a jamais eu une seule remise à niveau de la villa à part les quelques "bricolages" de mes parents et surtout de ma mère, papa étant décédé en 1992).

Il y a énormément de conflits d’intérêt dans cette histoire de Lyon-Turin et ce sont les contribuables qui, au final, seront les dindons de la farce. 

Déjà la vallée de la Maurienne, défigurée par ce projet pharaonique et dispendieux, ne ressemble plus à grand chose et je pense que ce n'est qu'un début.

Bonne année 2018