mercredi 17 août 2016

Graffiteurs ou peintres muraux ?

Le public ne reconnait un mouvement artistique que quand il mort.

Depuis Banksy, les médias relatent de plus en plus d'événements liés aux Arts Urbains: expo de Street Art, ventes de graffitis. Les institutions investissent ce nouveau filon sans chercher à le comprendre ou à l’expliciter, un produit comme un autre. La Culture devient divertissement.  On assiste à l'aberration de ventes aux enchères et d'expositions de ce que, par essence, ne peut exister que dans la rue.

Tandis que les écoles de graphisme dégueulent la culture urbaine  et son esthétisme, la transposition malheureuse que toute une bande de sales personnages agissant individuellement ou en associations, subventionnées de préférence,  dévoie d'autant plus le Street-art en des voies mercantiles.  Avec une fausse rébellion et la mise en scène de l'illégalité, cette génération est maintenant si proche du système économique qu’elle se confond avec celui qu'elle dit combattre.

Comme l'est aujourd'hui le numérique, la bombe de peinture fut un outil pour la création picturale. Facteur de vitesse, les spray nous ouvraient de nouveaux champs par l'accélération du rythme de l'exécution des œuvres. Même si, parce qu'il s'agissait le plus souvent de peinture glycérophtalique qui demandait plus d'attention au séchage (et qui pouvait couler), en ces début des années 80,  la " bebom " accélérait l'exécution et par effet de bord apportait une nouvelle donne médiatique.

Les objets dérivés, rarement la figure elle-même, ont créé une économie entière. 

Proche de l’industrie du divertissement, les street-artistes décorent les salons et les façades des bourgeois et leur lèchent le cul pour qu'ils achètent une de leurs toiles vides de sens
Ils ont un métier, reconnus et  enseignés dans les écoles.
Si le numérique, internet ou le hacking nous donne aujourd'hui le loisir de court-circuiter les médias habituels (journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes), le Street-art, lui, fait exactement le contraire et se rue vers le système commercial, les galeries, les musées et les honneurs les plus divers. 


Rechercher la satisfaction immédiate:  La jouissance express dans l’espace public avec un minimum d'efforts de réflexion et de création, sans revendication, ni éducation, nous conduit au cul de sac sociétal de l'hédonisme.  

" Le street art est à peu prêt au graffiti ce que Doc Gynéco est aux Black Panthers ".




Le graffiti vrai n’était pas commercialisable et les politicards, ou leur police, n'étaient pas des amis. Quelques graffiteurs historiques, quand ils ont survécu, restent les messagers de la contre-culture et du changement. Leurs réflexions et leurs engagements sont la dernière chance de modification de notre société de moutons !

samedi 13 août 2016

2 - Le Nucléaire Civil Français - Les premières centrales Graphite-Gaz [1958-1973]

Après le succès des réacteurs expérimentaux du CEA (Zoé, Marcoule ... ), c'est l’entreprise publique chargée de la production d’électricité, EDF, qui est mandatée pour mettre en place le programme électronucléaire français avec des réacteurs du type Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG). 

 De 1966 à 1971, six réacteurs sont mis en service : trois sur le site de Chinon, deux à Saint-Laurent-des-Eaux et un à Bugey.
Le nucléaire fournit alors 5 % de l'électricité produite en France.


Chinon A1 surnommé " La Boule " diverge en septembre 1962
La décennie 1960-70 voit aussi la naissance de 9 réacteurs expérimentaux : 

 - Osiris, à Saclay, qui produit des radioéléments pour l'industrie et l' utilisation médicale du Technétium 99m et du Silicium dopé.

 - Sur le tout nouveau site de Cadarache, près de Manosque, outre le réacteur à neutrons rapides, Rapsodie (précurseur de Phénix et Superphénix), Minerve, Pégase, Harmonie, Masurca et Cabri sont destinés aux études de neutronique et de criticité des différentes filières. Ils amèneront à la deuxième, et, surtout, à la troisième génération de centrales, issue de l'ingénierie américaine (Westinghouse) : Les réacteurs à eau pressurisée REP (PWR pour Pressurized Water Reactor en anglais) seront exploités en France à partir de 1977.

(à suivre ... )