mercredi 17 novembre 2010

Rétrospective Jean-Michel Basquiat, du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris :


A l’occasion de la rétrospective Basquiat, du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011, au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Bruno Bischofberger, marchand, galeriste et collectionneur d’Art contemporain raconte la rencontre entre Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol en 1986
Jean-Michel Basquiat aurait eu cinquante ans le 22 décembre 2010.




samedi 16 octobre 2010

Ce fut une belle omelette !

Jeudi plus de 500 métallos (mais pas que des métallos) ont mis un sacré bordel devant le Medef, 66 boulevard Maréchal Foch à Grenoble.



Ceci explique pourquoi l’endroit était si bien surveillé pendant la manifestation de ce samedi 16 octobre.

Ce samedi, donc, les forces de l’ordre n’assuraient pas la protection des manifestants, mais étant donné les mouvements de sympathie du reste de la population, ce n’était pas la peine.

Les CRS protégeaient le MEDEF (Mouvement des entreprises de France) en priorité.
Cela prouve bien qu’aujourd’hui l’état est devenu le bras séculier des grandes entreprises du CAC40 et des patrons voyous, ceux de la bande du Fouquet’s.
Samedi, les grenoblois ont compris ce que le gouvernement pensait d’eux. C’est pour cela que le mouvement, au-delà de la sauvegarde de nos retraites, prend des allures de fronde anti-sarkozi, même si, en 2007, il s'est fait élire avec des mensonges populistes.

dimanche 10 octobre 2010

Alain Bashung - Variations sur Marilou (Gainsbourg cover)

L’ Homme à tête de chou
Paroles et musiques Serge Gainsbourg - Interprétation Alain Bashung - Chorégraphie Jean-Claude Gallotta - Centre Chorégraphique national de Grenoble





« Avec son regard absent et son iris absinthe », la petite garce shampouineuse Marilou rend « fou et à moitié coucou » un type aux grandes oreilles, « moitié légume moitié mec », lequel finira par la faire disparaître sous la mousse, à coups d’extincteur. L’Homme à tête de chou est un album-concept écrit en 1976 par Serge Gainsbourg au sommet de son art, de son humour, de son jeu avec la langue, de sa dérision, dans une liberté et une invention musicale époustouflantes. Alain Bashung, qui vient de « s’en aller faire un tour de l’autre côté » en emmenant avec lui une part de nous-mêmes, était de la même famille musicale, celle de l’élégance morale, de l’exigence artistique, de l’ironie un peu désespérée, oscillant de la même façon entre gravité et légèreté. D’ailleurs, tous deux se sont retrouvés ensemble pour concevoir un album, Play blessures, en 1982, où ils cultivaient leur côté noir, sans complaisances avec la mode musicale de l’époque. Grâce aux liens forts que la MC2 a tissé depuis des années avec Bashung (il y a donné un concert de légende lors de la réouverture en 2004, il est venu notamment y répéter et créer un autre de ses concerts), une connivence artistique put s’établir avec Jean-Claude Gallotta. De ces rencontres naquit un projet pour lequel Bashung enregistra l’Homme à tête de chou en prolongeant les trente-deux minutes de chansons de Gainsbourg jusqu’à en faire une continuité d’une heure dix avec des parties musicales destinées à lier les tableaux entre eux. « Il le fit magnifiquement, dit Jean-Claude Gallotta, sa voix était en pleine puissance, et en pleine intériorité. C’est comme s’il l’avait répété toute sa vie. » Jean-Claude Gallotta aime « tremper » sa danse dans d’autres univers. Il l’a fait aussi bien avec la chanson rock, le jazz, la musique khmer, avec Bach, Kurt Weill, Janacek, avec Pascal Dusapin aussi, et il y a quelques mois encore avec Lully. Avec Gainsbourg et Bashung, il retrouve ses idoles d’adolescent par lesquels il a découvert la musique. En douze tableaux et avec quatorze danseurs, sous le regard des deux maîtres, mais « leur absence en héritage », Jean-Claude Gallotta se propose de fondre leurs univers, de traiter chorégraphiquement le dépouillement, la violence, le désir, « qu’on perçoive quelque chose, dit-il, de la douleur latente qui parcourait ces deux artistes en même temps que leur formidable énergie ». Paul Valéry parlait de la poésie en disant qu’elle était « une longue hésitation entre le son et le sens ». Gainsbourg et Bashung cherchaient cet équilibre-là. « La danse, dit Jean-Claude Gallotta, est aussi une longue hésitation, entre le geste et le sens ». L’Homme à tête de chou voudra avant tout rendre compte d’une atmosphère, « façon music-hall sans les paillettes », ou alors des paillettes qui reflètent aussi bien l’angoisse d’être vivant que la jouissance de l’être encore.






Après ce spectacle, que nous avons vu samedi 14 novembre 2009, un drôle de gout dans la tête qui redescend dans la bouche :
La chorégraphie était du pur Gallotta : sans grandes trouvailles, mais agréable.
J’ai adoré la chaise de bureau vide, fil rouge du spectacle, qui par sa vacuité exprimait magnifiquement l’absence et le deuil.
Sur « variation sur Marilou », j’ai aimé les trois couples qui exécutent successivement et exactement la même chose avec chaque fois de moins en moins de vêtements. La dernière demoiselle n’a pas attendu demain pour enlever le bas …
L’absence de décor passait bien.
Avec Bilbo, l’apparition d’une Iggy Popette, culotte sur les pieds, et Telecaster rouge, comme seul cache-sexe, nous a beaucoup amusés.
Le seul point vraiment négatif vient peut être de l’interprétation du « livret gainsbourien » par Bashung. Trop récité pas assez raconté, pas assez susurré. Gainsbourg vivait l’Homme à Tête de Chou. Bashung nous postillonne pour ne pas dire "bredouille", dès le début, un Homme à LA Tête de chou. Les arrangements musicaux enlevant encore au « voyage dans la tête », par leurs cotés brutasses et peu psychédéliques.
Les calbutes kangourous blancs, qui ressortent quand même à la fin, m’ont replongé à la grande époque. Celle où Gallotta, en 1980-85, prenait son essor et qui préfigurait mon premier internement en cette blanche clinique neuropsychiatrique.




mercredi 23 juin 2010

Quelques petites réflexions sur la culture et la création artistique actuelles :



L'Obscurantisme est le meilleur moyen de gouvernement qui n’ait jamais été imaginé; Il consiste à plonger le cerveau humain dans un état spécial, dans une sorte de stupeur ou d’atrophie. Tout ce qui est susceptible d’ouvrir les yeux à l’individu, tout ce qui lui permettrait de revendiquer son droit à l’existence devient inconvenant. L’obscurantisme ne se borne pas à laisser en friche l’intelligence humaine, il cherche à l’asservir. Cette doctrine prétend que le peuple n’a pas besoin d’éducation et qu’il n’est pas nécessaire de s’instruire pour faire son salut. « On peut être un parfait cultivateur sans connaître un mot d’histoire ou de géographie. Pour être tapissier, métallurgiste ou maçon, l’étude de la littérature et des sciences naturelles est loin d’être indispensable, etc., etc. ». C’est avec de tels arguments que, pendant des siècles, les hommes ont été parqués dans leur médiocrité, sans pouvoir s’éclairer ni s’affranchir. Qui pourrait dire l’étendue de ce gaspillage de forces intellectuelles, sacrifiées férocement, à l’intérêt mal compris de quelques parasites dominants ?

Aujourd’hui, les classes dirigeantes, en abêtissant les peuples, cherchent, avant tout, à consolider leurs privilèges. Le discours consensuel général, cette sorte de pensée unique, commune à presque toutes les classes politiques mondiales, affirment que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation.
Qui croit à la nécessité et à la bienfaisance du consumérisme ne songera certainement pas à briser ses chaînes et sera plus facile à gouverner que l’asservi qui ronge impatiemment son frein, haïssant l’iniquité et la tyrannie et prêt à se révolter dans toutes les occasions favorables.

Alors que l’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel, les valeurs actuelles sont systémiques : elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Rajoutons à cela les facilités de crédits, qui deviennent vite des difficultés une fois le doigt mis dans le pot de confiture, la crainte du lendemain, et nous comprendrons pourquoi l’obscurantisme est le fondement même de la résignation.

Le libéralisme et ses compromissions ne modifient pas le statut de l’individu autrement que financièrement. La projection capitalistique ne se faisant que dans le court terme, l’impossibilité d’élaborer un vrai modèle de société nous envoie directement dans le mur.