samedi 1 octobre 2016

Early GREFFITI [GREnoble graFFITI]

Beaucoup éjaculent dans leur slip en se pensant révolutionnaires, Street Artistes ou acteurs-citoyens (je ne supporte plus ce mot qui n'a plus aucun sens) s'imaginent indispensables au changement de paradigme. 
Il y a, en ce moment, à Grenoble, comme ailleurs, j'imagine, toute une bande de jeunes branleurs au spray existentialiste et dégoulinant, ou à la casquette visée sur la calvitie, style Titi parigot.
Chanteur néo-réaliste cul cul, qui parce qu’ils n'ont pas grand chose à dire, se font voler la vedettes en 2 temps 3 mouvements par n'importe quel cycliste NOTAV pourtant épuisé par plus de 100 kilomètres de routes alpines à vélo :



La question n'est finalement pas de savoir si le Street-Art est une mode ou pas, tout mouvement pictural finissant par être récupéré. La question porte plutôt sur sa pertinence: Dans une urbanité où la co-construction et l'association se veulent règles d'or, je reconnais que voir les murs salis de peinture mal appliquée m'est douloureux. L'urgence du graffiti n'est plus là. 


Pignon Ernest
L'égotisme serait obsolète ?
Un renfort de nacelles élévatrices et de balisages policiers qui n'auraient pas lieu d'être ?
Pourtant ils sont.  

L' histoire, réécrite par les marchants, ne dira jamais que dès 1982, le pseudonyme phase3 était déjà sur les murs de Grenoble et que, par ce cher principe d'éphémérité, aujourd'hui, il n'en reste plus une trace. Depuis 1984 et mes déboires avec la gouvernance de la ville, je me tiens à carreau, militant dans la discrétion du black net et dans l'anonymat (presque) absolu, pour ce que je crois juste :


Les sous-Bansky sont aujourd'hui légions:

GOIN

Le numérique, internet et le hacking nous donnent aujourd'hui des moyens bien plus efficaces de court-circuiter les médias habituels,  journalistes, critiques, médiateurs, curateurs, et galeristes. 
Le Street art, lui, fait exactement le contraire et se rue sur le système commercial, les galeries, les musées et les honneurs les plus divers. 


En tant que pionnier, j'ai tellement pris de baffes dans la gueule, par la critique immature et sclérosée dans la "tendance" d'une époque et, aussi, par mes pairs, qu'aujourd'hui je reste méfiant, assez peu enclin à communiquer et à me vendreL'idée de participer à un quelconque festival ou qu'une seule de mes œuvres puisse être récupérée est d'ailleurs devenue une hantise. 
J'ai vu nombres de mes idées s'imposer ou spoliées sans jamais aucune référence à mon travail. Une mise à l'index qui vient plus de ma naïveté que d'une réelle intransigeance. A l'époque, je n'étais qu'un petit con prétentieux. La vie m'a dressé, et bien dressé. 

Pendant ces longues périodes d'incapacité à la création, je me questionnais sur l’intérêt de la peinture. Je me demandais qu'elle devait en être son message. Les neuroleptiques inhibaient ma sensibilité et m'interdisaient toute production. Je reconnais, aussi, avoir nourri pas mal de rancoeurs et de frustrations. 

Même si je sais que l'évolution de l'espèce entière prime sur celle de la personne, je remarque qu'ils sont légions les cloportes engraissés par le travail des autres. Le marketing vampirise les plus honnêtes travaux de recherche et même la pensée de ceux qui sont les seuls vrais créateurs.

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