lundi 5 septembre 2016

Tu me donnes ton vote. Et après tu fermes ta gueule !



L'Obscurantisme est le meilleur moyen de gouvernance qui n’ait jamais été imaginé. Il consiste à plonger le cerveau humain dans un état spécial, dans une sorte de stupeur ou d’atrophie. Tout ce qui est susceptible d’ouvrir les yeux de l’individu, tout ce qui lui permettrait de revendiquer son droit à l’existence devient inconvenant. L’obscurantisme ne se borne pas à laisser en friche l’intelligence humaine, il cherche à l’asservir. Il prétend que le peuple n’a pas besoin d’éducation et qu’il n’est pas nécessaire de s’instruire pour exister: « On peut être un parfait cultivateur sans connaître un mot d’histoire ou de géographie. Pour être tapissier, métallurgiste ou maçon, l’étude de la littérature et des sciences naturelles est loin d’être indispensable ... ». 
Ce sont avec de tels arguments que, pendant des siècles, les hommes ont été cantonnés dans leur médiocrité, sans pouvoir s’affranchir d'aucun fardeau.
Qui peut dire l’étendue de ce gaspillage de forces intellectuelles, sacrifiées férocement, à l’intérêt mal compris des quelques parasites dominants ?
C'est toujours en abêtissant les peuples que nos classes dirigeantes cherchent à consolider leurs privilèges. Le discours consensuel général, cette sorte de pensée unique, commune à presque toutes les classes politiques mondiales, affirment que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, plus de consommation.
Celui qui croit à la nécessité et à la bienfaisance du consumérisme ne songera certainement pas à briser ses chaînes. Il sera plus facile à gouverner que l’asservi qui ronge impatiemment son frein en haïssant l’iniquité et la tyrannie dont il est victime, prêt à se révolter dès que se créera une opportunité.
L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition, les loisirs sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée et égoieste, le goût pour un travail soigné sur l’efficience productiviste, le durable et le raisonnable sur l’esbroufe et la frime, pourtant nos envies et nos valeurs sont devenues systémiques. Elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Rajoutons à cela la facilités d'obtention des crédits et les difficultés qu'ils entraînent une fois le doigt mis dans le pot de confiture, la crainte du lendemain, et nous comprendrons pourquoi l’obscurantisme est le fondement même de la résignation. Le libéralisme et ses compromissions ne modifient pas le statut de l’individu autrement que financièrement. La projection capitalistique ne se faisant que dans le court terme, l’impossibilité d’élaborer un vrai modèle de société nous envoie directement dans le mur.

4 commentaires:

patriarch a dit…

La peur du licenciement est aussi un frein à la lutte sociale. Les patrons ne se privent pas de s'en servir pour imposer leur point de vue. mais un jour ou l'autre ça éclate et là, la violence du peuple n'est plus contrôlable,si ce n'est par une répression sauvage. Faut il en arrivait là ? Je ne sais comment tout cela va finir, car il y aura inévitablement une fin.

romano a dit…

jolie photographie

Marie-Eve a dit…

Je mets cet article très pertinent sur mon blog.
Bonne journée!

phase3 a dit…

Pas de problème Marie-Eve !

Ces articles, vecteurs de l’expression de ma pensée, quand je les publie dans mes blogs sont mis à disposition de tous. Je suis même assez content que ma prose soit partagée par le plus grand nombre, mon but étant que, petit à petit, la pensée et les modes de vie se transforment pour donner une chance à notre civilisation, que je trouve aujourd’hui sur une bien mauvaise pente.

Merci, donc, pour cette citation.