dimanche 25 janvier 2009

Le malade mental : nouvelle bête noire de la politique « tout sécuritaire » du gouvernement français

Après l'ado, le sans domicile fixe, le chômeur ou l’immigré « forcement » délinquants, le malade mental est en passe de devenir, aux yeux du gouvernement et donc (matraquage médiatique oblige) aux yeux des français, un « psychopathe dangereux ».

Oubliant la grande misère de la psychiatrie, notre président ne s'intéresse qu'au malade dangereux et lui promet un bel avenir : systématisation des soins sous contrainte, ouverture de 200 chambres d'isolement ...
Le pro­jet de « sécurisation des hôpitaux » prend l'exact contre-pied du modèle psychiatrique des quarante derniè­res années, qui vise la réintégration des patients dans la société tout en les encadrant (et y parvient de moins en moins, faute de moyens).
Et tant pis si les risques d'être assassiné en France par un malade mental sont infiniment moins grands que celles d'être dézingué par son voisin de pa­lier : le rapport de la commission Violence et santé mentale dénombre qu'en 2005, sur 51411 personnes mi­ses en examen dans des affaires pé­nales, 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c'est-à-dire 0,4% des crimes et dé­lits alors que la population de malades mentaux en France est de 5%.
Sachant que les malades mentaux sont très rarement impliqués dans les crimes et les délits (12,5 fois moins que le reste de la population), la société est plus dangereuse pour les fous que les fous pour la société.

Où en serais-je, si l’on m’avait étiqueté, sans raison, criminel au lieu de malade ?

Hôpital psychiatrique versus prison ?

En Iran, on exécute les sidéens et l’occident, s’en émeut. Mais que dire d’une société qui emprisonne ses malades ???

La caricature du « dangereux schizophrène », relayée encore récemment par les médias avec l'évasion des hôpitaux de St Egrève et de Marseille, ou du tueur d’enfants belge, je n’en veux pas, car je sais mieux que personne qu’un schizophrène est un Individu en souffrance.

Si la réforme des institutions psychiatriques avait été appliquée 20 ans plus tôt, je ne serais pas, aujourd’hui, cet homme de 46 ans, père de famille, travaillant dans une industrie plutôt sensible au niveau « secret défense », parfaitement intégré, heureux de vivre, et même (cerise sur le gâteau) payant des impôts …

from http://20six.fr/schizophrenia
Enregistrer un commentaire